Nous allons marcher un mois au Malawi. Pourquoi et comment ?!

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L’idée nous est venue il y a déjà quelques mois. Nous allons marcher près de 500km sur les rives du lac Malawi.

Dans ce petit pays qu’est le Malawi, tout invite à marcher. Nous pouvons suivre l’une des rives du lac Malawi, et donc trouver de l’eau sur notre chemin et la densité de population est très élevée, ce qui nous assure de trouver de la nourriture partout.

“La marche n’est pas une simple thérapeutique mais une activité poétique qui peut guérir le monde de ses mots.” Bruce Chatwin

Pourquoi voyager lentement au Malawi ?

 

Le Malawi est le pays le plus pauvre au monde. On y survit de la pêche et de l’export de tabac. On y meurt, en 2015, du choléra, de la dysenterie, du sida… L’espérance de vie, dans cette ancienne colonie anglaise (indépendante depuis 1964), ne dépasse pas 55 ans en 2012 (source : Banque mondiale).

Et pourtant, la vie se déroule comme partout ailleurs. La nuit succède au jour, les gens s’amusent, boivent de la bière et la société évolue, bien que lentement. Nous n’avons trouvé aucune réponse à ce paradoxe.

Comment se fait-il qu’à Blantyre, il soit plus facile de trouver une connexion wifi que l’eau potable ? Comment vit-on dans un pays où la capitale commerciale est touchée par une épidémie de choléra ? Nous l’avons vérifié au Laos, au Pérou et au Swaziland, pour comprendre une région, mieux vaut la parcourir à pied. Nous souhaitons comprendre « à l’échelle des hommes », c’est-à-dire trouver des éléments de réponses à la question : comment vit-on au Malawi en 2015 ?

La lenteur est la condition essentielle pour trouver des réponses à nos questions.

“Seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose.” Nietzsche

Préparer un périple à pied de 500km

 

C’est l’étape que nous préférons. Rêver devant une carte, fantasmer les courbes que forme le troisième plus grand lac d’Afrique et s’enrichir de noms exotiques. Le voyage se révèle d’abord dans l’imaginaire.

Et pourtant, c’est du concret ! Il nous faut repérer les caprices du relief, provoqués par la vallée du grand rift et s’assurer que nous trouverons de l’eau partout. Il faut surtout s’armer de patience et persévérer dans ses recherches. Les noms de villages varient d’une carte à l’autre, tout comme les distances…

Pour apprendre la langue locale, le chichewa, nous sollicitons les habitants. Les malawites s’en donnent à cœur joie. Dans le bus, au supermarché, à l’auberge, dans la rue… toutes les rencontres furtives sont prétextes à enrichir notre vocabulaire. A chaque nouveau village, nous devrons nous présenter au “chef” pour trouver un lieu où dormir.

Un aperçu de notre trajet

LE MALAWI A PIED

Nous commencerons le périple dans la ville de Nkhotakota, le 16 avril, et marcherons donc jusqu’à Livingstonia. Google Map annonce 400km entre ces deux villes, mais en suivant la route. Nous privilégierons les chemins qui longent le lac Malawi. Selon nos cartes, cela ajoute 100km au trajet.

Nous prévoyons 20km par jour en moyenne, 6 jour sur 7, pendant 4 semaines. Evidemment ce n’est qu’une estimation, nous adapterons notre rythme au dénivelé et à notre niveau de fatigue.

Nous aurons avec nous 17 kilos pour Fred et 13 kilos pour Fanny. Peut-être plus si nous devons transporter plus d’eau avec nous. Depuis que nous sommes en Afrique, notre tente nous sert beaucoup. Nous utilisons aussi très régulièrement notre réchaud à essence. Il suffit de trouver un marché et d’acheter un peu de riz et de légumes et nous sommes heureux !

Notre équipement n’a guère évolué depuis que nous vous avons présenté nos sac-à-dos pour un Tour du Monde de 2 ans. Nous sommes allégés de tout le superflu mais alourdis d’anti-moustiques, filtre à eau et nourriture.

Sur les traces de David Livingstone

Notre périple suivra les traces du missionnaire et explorateur écossais David Livingstone. Nous n’avons pas d’affection particulière pour ce personnage mais son périple à travers le sud de l’Afrique est fascinant et il a bouleversé le destin d’une région entière.

A Nkhotakota, nous commencerons la marche près de l’arbre de Livingstone. A cet endroit précis, David Livingstone a campé avant de mener une expédition à travers le Malawi (voir la carte ci-dessous) dans les années 1860. Quelques années plus tard, il a rencontré ici un chef local, et commerçant arabe, nommé Jumbe. Il a tenté de le convaincre (sans succès) d’abandonner le commerce d’esclaves. Linvingstone a consacré toute sa vie à explorer le continent africain et rechercher des débouchés économiques pour l’Empire Britannique. Bien qu’antiesclavagiste, il est le symbole de la “conquête coloniale” britannique en Afrique.

A plus de 500km au nord, nous finirons notre marche à Livingstonia. Cette ville a été fondée en 1894 par des missionnaires de l’église écossaise. Nommée en l’honneur de David Livingstone, nous retrouverons, ici aussi, son influence.

Sachez que nous n’avons pas prévu notre itinéraire en connaissant celui de Livingstone. C’est en tombant par hasard sur l’une des cartes tracées et annotées de ses mains que nous avons appris que nous partirons sur ses traces ! L’intérêt de partir sur ses traces et que nous pourrons comparer nos observations aux siennes, plus de 155 ans plus tard.

Les voyages de Livingstone en Afrique

Les voyages de Livingstone en Afrique

 

“Je suis prêt à aller n’importe où, pourvu que ce soit en avant.” David Livingstone

Marcher vers l’inconnu

Il reste néanmoins quelques zones d’ombres et incertitudes. Pourra-t-on trouver de l’eau partout ? Les hippopotames et crocodiles nous laisseront-ils tranquilles ? Rencontrerons-nous beaucoup de dénivelés ?

Nous comptons surtout sur les villageois pour nous renseigner. Nous sommes assurés de trouver des centaines de villages sur notre chemin. Nos cartes topographiques datent d’une vingtaine d’années… mais l’essentiel est là !

Amour du risque ?

Il y a souvent une confusion dans l’interprétation que font les gens de nos aventures. Plusieurs fois, en France et ailleurs, on nous a demandés d’où vient notre «  amour du risque ». Cette question est revenue à maintes reprises, par exemple, lors de nos périples en autostop en Amérique du Sud et en Afrique du Sud. Sachez que nous ne recherchons pas le risque. Au contraire, nous passons notre temps à le prévenir, l’anticiper et, en quelque sorte, le combattre. Au fil de notre voyage, notre capacité à comprendre et contrôler le risque augmente. Nous savons que le risque est toujours présent et nous l’acceptons, dans une certaine mesure. Mais, il n’est pas le but de nos pérégrinations.

Nous recherchons l’inattendu, l’imprévu, la découverte, bref l’Aventure.

Nous éviterons tout entêtement stupide ou prise de risque inconsciente. Si notre santé est directement en jeu ou les informations dont nous disposons ne nous permettent pas de trouver notre chemin sans encombres, nous changerons nos plans. Notre objectif est de découvrir un pays en marchant et non pas d’accomplir un défi sportif.

Choisir de marcher pendant un mois dans un pays sur lequel nous savons si peu est pour nous très motivant. Rien n’est plus excitant que de s’abandonner aux caprices du hasard. Certains y verront le destin. Peu importe, nous marcherons vers et pour l’inconnu. C’est aussi une manière d’augmenter l’espace temps avant notre retour en France, dans quelques mois, après deux ans autour du monde. En avançant un pied devant l’autre, sa maison sur le dos, comment mieux voir passer les jours ? Avant de retrouver le « monde des gens pressés », nous aurons tout le loisir de contempler la lente fuite du temps.

Cette aventure vous sera racontée chaque semaine, comme d’habitude, dans les pages du Journal de Saône et Loire et sur ce blog (si nous trouvons des connexions internet). Nous prévoyons aussi de publier un carnet de voyage beaucoup plus long et illustré de photos.

En tant que média, si vous êtes intéressé par la publication d’un tel récit, n’hésitez pas à nous contacter.

Mise à jour JUIN 2015 : Nous sommes de retour et nos impressions sont à lire ici : retour des profondeurs.

A nous l’aventure !

Un commentaire sur "Nous allons marcher un mois au Malawi. Pourquoi et comment ?!"

  1. Très intéressant votre article, tout comme votre projet… J’aime beaucoup ce concept de voyage lent, pour s’imprégner d’un pays. Nous nous avons choisi le vélo pour un long périple en Asie un peu sur la base du lent mais pas trop… Bonne continuation, nous ne manquerons pas de vous suivre dans vos aventures au Malawi !

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