Un soir

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Je savoure comme un mets rare. Je ne loupe rien, ni le bruit des vagues sur les boutres, ni la légère brise qui nous libère de la fournaise. Je m’abandonne. Et les aiguilles suspendent leur rotation.

D’ailleurs il n’y a aucune aiguille par ici.

Je promène mon regard sur les rides qui encerclent ses yeux grands ouverts. Sur les murs suintants dansent les ombres d’une foule de gamins. Ils crient leur joie d’exister en jaillissant des champs de maniocs. Les mains posées sur le sol, je sens la terre, froide, humide. Encore quelques minutes de lumière et nous n’existerons que par les sons.

La famille est réunie ce soir pour faire honneur à ses visiteurs d’une fois. La première et la dernière. Nous leur racontons le Monde. Notre monde. Curieux personnages dont on ne comprend ni les paroles ni les gestes. Parcourir la Terre pour exister dans les yeux d’inconnus.

Et cette question qui m’obsède. Pourquoi je suis heureux ici ?

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