Stupeur et projet d’échange à Bodnath !

image

Katmandou nous est apparue, au premier abord, trop agitée, polluée et dénaturée. Nous souhaitions pourtant nous laisser le temps de la découvrir. Il fallait donc trouver un point d’attache agréable pour recharger les batteries après nos longues marches à travers la vallée. Bodnath s’est affirmée comme une évidence.

Nous découvrons un lieu hors du temps, rythmé par les rituels bouddhistes. C’est aussi ici que nous avons mis en place un petit projet d’initiation au français et un échange entre des classes népalaises et suisses.

Le stûpa de Bodnath avec ses 40 m de hauteur et de diamètre.

La ville que l’on appelle communément « Bouddha » abrite le plus grand Stûpa du Népal. Il daterait du XIVe siècle. A environ 6km de Katmandou, le sanctuaire bouddhiste tibétain est un lieu fascinant.

Depuis l’exil des tibétains en 1959, Bodnath n’a cessé de prendre de l’importance. Bien avant cela, elle avait déjà un caractère mystique. Les siddhis (sages dotés de grands pouvoirs) et autres pèlerins y faisaient escale sur l’itinéraire Lhassa-Katmandou. On racontait qu’un arrêt ici permettait de réaliser ses souhaits.

Aujourd’hui, l’activité religieuse est omniprésente et près d’une cinquantaine de monastères tibétains, appelés « gompas », s’y concentrent. Ajoutez à cela d’innombrables hôtels et boutiques de souvenirs et vous aurez une idée du centre de Bodnath.

Tôt le matin, les pèlerins commencent à marcher autour du Stûpa, dans le sens des aiguilles d’une montre. Les bâtons d’encens commencent à cracher de la fumée et les premières prières s’échappent des gompas. Il suffit de s’asseoir n’importe où autour du stûpa pour s’émerveiller du ballet incessant des habitants.

Décodage visuel : un moulin à prières (mani korlo en tibétain) que vous voyez sur les photos ci-dessus, est un cylindre rempli de mantras (prières) et tournant autour d’un axe. Le fait d’actionner un moulin a le même effet que de réciter le mantra. L’action de tourner répand la prière comme si elle était récitée. Des centaines de moulins entourent le socle du stûpa. Les croyants en font le tour dans le sens des aiguilles d’une montre en les faisant tourner. Le stûpa (ci-dessous) représente le cosmos et les éléments de l’univers (terre, eau, feu, air, éther). Au milieu, les yeux de Bouddha (symbole du Népal) symbolisent son omniscience. Il y a 4 paires d’yeux qui regardent dans les 4 directions. Bouddha est censé tout voir. Son nez, chiffre 1, présente l’unité de Dieu. Bouddha ne parle jamais, il n’y a donc pas de bouche. Les treize marches de la tour représentent les divers stades d’accès à la connaissance suprême :  le nirvâna. Les drapeaux multicolores sont des prières qu’on laisse au vent pour qu’ellles se répandent vers les Êtres qui les entourent.

Autour du Stûpa, ne manquez pas le monastère Tsamchen, avec ses magnifiques peintures. La vue depuis les étages supérieurs vaut le détour. A voir aussi, le monastère de Shechen, dont l’un de ses moines est Matthieu Ricard, photographe et auteur français. Vous aurez peut-être la chance de le rencontrer pour parler voyage et photos. Pour ma part, je l’ai croisé par hasard une nuit à Dharamsala (Inde) !

Bodnath, au quotidien

Si Bodnath nous a laissés un très bon souvenir c’est aussi parce qu’on y a fait de très belles rencontres. En quelques jours, nous commençons à avoir nos habitudes. Chaque jour, nous poussons la porte du même restaurant, le Double Dorjee. Et ce n’est pas seulement le restaurant tibétain le moins cher du centre ville. C’est aussi un cocon douillet à l’abri du froid où la cuisine « maison » est délicieuse.

Les moines des environs viennent y prolonger leurs débats philosophiques. On y croise des voyageurs du monde entier et on y découvre les spécialités tibétaines.

Namala (la “mama”) nous a chaleureusement accueilli pendant une semaine.

Ici, j’ai découvert le fameux thé tibétain : thé, sel, beurre et lait de la femelle du yak. Très calorique donc, mais après deux mois et demi d’aventures indiennes ce n’est pas de trop !

Et puis il y a les momos, ces raviolis cuits à la vapeur, farcis aux légumes et à la viande de bœuf ou de yak et agrémentés de poivre, gingembre, onions et autres bizarreries non identifiées. Délicieux !

Fanny a particulièrement apprécié le yaourt et la confiture maison !

Projet d’échange et d’initiation au français

En milieu de semaine, nous avons rendez-vous avec Doma, la directrice d’une école primaire de Bodnath. Nous souhaitons mettre en place un petit projet d’échange avec un professeur suisse qui est en contact avec une classe de cette école.

Nous profitons en effet d’une occasion unique. Gabriele, mon beau-frère enseignant, a mis en place un projet de correspondance entre une classe suisse et une classe népalaise de l’école. Les élèves correspondent déjà en s’envoyant des dessins et par conférence skype. A notre tour, nous souhaitons participer à l’échange en apportant notre contribution.

Notre objectif est de leur apprendre à se présenter en français et à exprimer ce qu’ils aiment. Le lendemain, les enfants rencontreront la classe suisse en conférence skype et devront se présenter en s’aidant de leurs dessins. Le défi est de taille car ils ne parlent pas un mot de français. Ils sont cependant très intéressés par la pratique des langues étrangères.

Pour atteindre notre objectif, Fanny a concocté une série d’exercices sous forme de jeux. Les élèves commencent tous par dessiner ce qu’ils aiment. Nous prenons ensuite leur dessin et leur faisons répéter plusieurs fois le nouveau mot en français. Puis, quand nous leur demandons de fermer les yeux, nous cachons une de leur production et ils doivent deviner de quel dessin (mot), il s’agit. Le tout, bien évidemment, en français. Leur moment préféré fut de remplacer ensuite Fanny et donc de jouer les “maîtres”.

Les élèves nous ont étonnés car ils étaient plus attentifs que nous l’espérions et ont adoré apprendre par le jeu.

Fanny est heureuse de se retrouver devant des élèves. Evidement, nous avons aussi présenté brièvement notre Tour du Monde et répondu à quelques questions.

Les élèves népalais montrent leurs dessins et se présentent en français. Grosse surprise pour la classe suisse !

Les suisses montrent à leur tour leurs chefs-d’oeuvres et nous présentent leurs surprises : danses, chants et bonne humeur !

Mission accomplie !

L’échange a été très enrichissant et suivi de danses et de chants d’un côté comme de l’autre de la caméra. Les élèves ont donné le meilleur d’eux mêmes et se sont montrés très intéressés par la découverte de l’autre.

Pour les intéressés (et les puristes !), Gabriele, le professeur suisse à l’origine du projet a résumé cette expérience et publié les fiches de préparation créées par Fanny. De quoi vous inspirer si vous souhaitez réaliser ce type de projet ! Lien des articles :

– Préparation et bilan de l’échange Skype

– Retour sur expérience des deux enseignantes

La fête continue !

Le lendemain, nous sommes conviés par la directrice à une fête organisée en l’honneur de l’anniversaire du Dalaï Lama. Les enfants de l’école ont concocté des danses et chants traditionnels. Nous sommes gâtés par nos hôtes : assis sur un canapé juste devant la scène avec les directeurs ainsi que le thé et les biscuits ! Doma et son mari nous expliquent la signification et l’origine des danses qui se présentent à nos yeux. Un très bon souvenir !


On pourrait croire que l’apprentissage du français n’intéresse en rien une classe du « toit du monde ». Et bien détrompez-vous ! Ils sont très au fait et savent très bien que l’apprentissage d’une langue étrangère apporte une ouverture d’esprit supplémentaire. Certains m’ont d’ailleurs étonné en entamant avec moi une conversation en espagnol puis en allemand… Ils se posent énormément de questions sur les enfants du monde. En tant que voyageur, nous pouvons rendre possible ce genre d’échanges et contribuer, à notre mesure, à une meilleure compréhension mutuelle !

Bodnath est un lieu qui marque, forcément. Nous vous conseillons d’y passer quelques jours pour vous imprégner de l’atmosphère très spéciale. Le projet d’échange que nous avons effectué a été très enrichissant. Nous avons pris notes des améliorations qui peuvent être apportées et avons hâte de les mettre en place ! A suivre !

  1. Wow! Mais quel projet. Votre tour du monde est vraiment axé sur le partage et je trouve cela très inspirant. J’ai un projet similaire qui est en train de se faire pour dans 4 ans. C’est long encore mais ça nécessite beaucoup de préparation, car ce sera avec des jeunes du centre jeunesse de Montréal. Des enfants sous la loi de la protection de la jeunesse qui n’ont soit pas de familles ou que les parents sont inaptes en s’en occuper pour diverses raisons. Comme vous ce sera axé sur le partage, mais à la fin un groupe de jeunes ados viendront nous rejoindre pour un projet de coopération afin de leur faire vivre une expérience d’entraide communautaire. Ils devront en faire d’abord dans leur communauté et ensuite avec nous. Mais avec des enfants qui sont sous la protection du gouvernement, c’est pas si simple. Mais si tout fonctionne ca va surement être un super projet. Je prends un réel plaisir à vous suivre. Au plaisir d’avancer encore et encore avec vous dans cette belle aventure 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *