Street Art aux 4 coins du Monde – Découvrez l’artiste JR

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En première partie du dossier intitulé « Street art aux 4 coins du monde » découvrez JR ,un street artist français qui soulève des questions à travers le Monde.

 

Et pourtant, JR ne se considère « ni comme street artiste, ni comme photographe ».  Il utilise la photo, la vidéo, et surtout l’impression géante sur papier dans les espaces urbains. Il a choisi les rues du monde pour galerie. Son but: attirer le public qui ne fréquente pas les musées en investissant la rue, la « plus grande galerie d’art au monde ». Son œuvre est celle d’un activisme artistique qui questionne la liberté, l’identité et l’engagement et accorde une grande importance au lien social tissé avec les protagonistes de ses œuvres.

« J’aimerais amener l’art dans des endroits improbables, créer avec les communautés des projets tellement grands qu’ils forcent le questionnement. » JR

Les premiers pas

En 2001, le hasard offre à JR son premier appareil photo. Trouvé dans le métro parisien, il sera son compagnon pour la découverte de l’Europe à travers ceux qui s’expriment sur les murs. Dès lors, il est fasciné par les villes et ceux qui en leur sein s’expriment d’une manière singulière. JR observe, écoute et s’enrichit de ses rencontres. Dès lors, lui vient l’idée de coller les portraits de ceux qu’il rencontre dans les rues, les sous-sols et sur les toits de Paris.

Qualifiés « d’art infiltrant » ses travaux s’invitent sur les immeubles des banlieues parisiennes puis au centre ville. Aujourd’hui, il opère principalement dans les zones de tensions comme le Moyen Orient ou le Brésil. Une manière pour lui de combattre l’image réductrice renvoyée par les médias. JR propose un autre point de vue et va à l’encontre de l’imagerie globalisée que l’on se fait de certaines régions du monde.

Passage en revue à travers quelques projets entrepris par celui que Shepard Fairey qualifie lui-même « d’artiste de rue le plus ambitieux ».

JR a eu l’audace de coller des portraits géants de jeunes de banlieues dans les quartiers huppés de Paris, dans le cadre du projet Portrait d’une génération. Ils sont une invitation au regard sur l’autre et une affirmation identitaire .Entre 2004 et 2006, plusieurs dizaines de portraits de jeunes de banlieues sont exposés en très grand format.  D’abord dans les villes théâtre des émeutes de 2005, la Cité des Bosquets puis à Clichy-sous-Bois. Le phénomène gagne ensuite les quartiers populaires de la capitale, dans l’est parisien, comme si la périphérie s’invitait au centre ville. D’abord illégal, le projet est alors remarqué par la mairie de Paris. Au lieu des fustiger les projets de JR, celle-ci décide d’afficher les photos sur ses propres bâtiments ! Une aubaine pour un artiste qui depuis ses débuts affirme avec conviction vouloir amener l’art dans la rue pour le rendre accessible au plus grand nombre. Les images géantes collées dans les quartiers bourgeois interpellent directement les passants. On ne peut passer son chemin sans s’arrêter devant et se questionner.Le projet Portrait d’une génération est la première étape du projet global 28 Millimètres.

Face2Face

C’est le projet qui a fait connaître JR à travers le Monde. Le deuxième volet du projet 28 millimètres obtient un écho mondial puisqu’il s’inscrit dans le contexte bouillant des conflits au Moyen-Orient. En 2007, « la plus grande expo photo illégale jamais créée » consiste à afficher d’immenses portraits d’Israéliens et de Palestiniens face à face dans huit villes palestiniennes et israéliennes, des deux côtés de la barrière de sécurité. Là encore JR s’impose dans l’illégalité mais son projet reçoit un accueil chaleureux. Encore une fois il refuse les honneurs et préfère mettre en valeurs les protagonistes.

« Les héros du projet sont tous ceux qui, des deux côtés du mur, m’ont autorisé à coller sur leur maison ». JR

Il s’agit d’un projet participatif qui allie l’art et le rire pour faire reculer les préjugés. Pour ce projet encore une fois pas de « pathos ». Les portraits d’israéliens et de palestiniens hilares exerçant le même métier sont collés sur le Mur. Face2Face démontre que malgré ce qui les sépare, israéliens et palestiniens  se ressemblent assez pour pouvoir se comprendre. Hommes et femmes acceptent depleurer de rire, crier ou grimacer devant l’objectif de JR. Les étapes du projet sont présentées à travers le film Faces, réalisé par Gerard Maximin.

Women are Heroes

En 2008, JR apporte une troisième pierre à l’édifice du projet 28 millimètres. Il s’embarque pour un périple international à l’occasion de Women are Heroes, un projet dans lequel il met en valeur la dignité des femmes qui sont souvent les premières cibles dans les conflits. JR voyage hors des circuits touristiques au cœur des lieux fantasmatiques à la une de nos JT.  Elles côtoient la mort, passent du bonheur au malheur, mais aspirent toutes à des jours meilleurs. JR révèle leur espoir et leur humanité  à travers des visages, des yeux, des postures.

Là encore, les portraits géants de ces femmes interpellent au-delà des frontières. Le projet Women are heroes a tenu sa promesse : faire voyager le destin de ces femmes et repousser les clichés.

Voici une vidéo qui résume la démarche de JR. On s’aperçoit que JR s’investit directement et ne se contente pas de ramener quelques clichés pour faire sensation.

Un long métrage intitulé Women are heroes retrace la mise en place du projet et la réaction des habitants. « Ce film rassemble les images et les paroles des femmes rencontrées, des flux de vies et d’expériences pour créer par le biais de l’art une autre réalité que celle des médias ». JR. Ce premier long métrage est co-sélectionné avec la sélection officielle du Festival de Cannes en 2010.

Inside out, l’œuvre dont VOUS êtes le héros.

Le 20 octobre 2010, l’œuvre de JR est récompensée par le prestigieux prix TED. Il reçoit une bourse de 100 000 dollars assortie de « Vœux pour changer le monde ». Cette récompense lui donne l’opportunité de présenter son nouveau projet. Le 2 mars 2011, JR fait un discours à Long Beach au cours duquel il présente son idée : un projet artistique participatif à très grande échelle. Les gens sont invités à envoyer leurs portraits photographiques à JR et son équipe par l’intermédiaire de leur site internet. JR recueille, documente et archive les contributions pour les rendre consultables en ligne.  Les photographies sont ensuite imprimées en  grand format puis envoyées aux auteurs partout dans le monde. Les participants peuvent alors les coller au sein de leur propre communauté et ainsi créer des espaces d’exposition libres.

« Je vous souhaite de défendre ce qui est important pour vous en participant à un projet d’art global, et ensemble, nous retournerons le monde…inside out. »

Exemple d’un projet : 1180 portraits collés dans la ville de Juarez, au Mexique.

 « Juarez est considérée comme l’une des villes les plus dangereuses au monde. Notre objectif est de montrer un autre aspect de la ville, celui qu’on ne voit pas dans les médias. Pour les gens vivant à Juarez, la vie continue malgré la violence. »

Retrouvez sur le site officiel du projet InsideOut,  les photos archivées et exposées en ligne. Jusqu’à aujourd’hui, plus de 100.000 posters ont été envoyés dans plus de 108 pays depuis Mars 2011. Les projets photographiques couvrent une multitude de thèmes. Partout dans le monde on participe pour affirmer la diversité et interpeller les passants.

JR, on aime ou on aime pas, mais son œuvre ne laisse personne indifférent. Elle agit comme un haut parleur qui viendrait hurler aux oreilles de ceux qui ne voient pas ou ne veulent pas considérer « l’autre ». Au fond, JR n’est pas l’artiste à l’origine des œuvres qu’il vient tapisser sur les murs des villes. Il donne les moyens de s’affirmer aux opprimés en leur offrant une tribune d’honneur. Il est un vecteur d’humanisme qui invite au regard, à la prise en compte.

Et si le street art pouvait réellement changer le monde ?

N’en demandons pas trop. A mon sens, il faut considérer les projets de JR pour ce qu’ils sont : une démarche participative et artistique qui invite au questionnement. Rappelons-nous qu’il suffit parfois d’un rien pour susciter le désir d’agir. Alors non, JR ne sauvera pas le monde, mais il bouscule les consciences. A ceux qui ne voit en l’œuvre de JR qu’un acte de vandalisme dénué de sens, je répondrai que la beauté est aussi et surtout dans l’œil de celui qui regarde. JR a choisit d’être de ceux qui côtoient la réalité de près.

JR raconte le Monde chaque fois qu’il le peut et par tous les moyens. Au cours d’une visite en Corée du Nord, pays extrêmement fermé,  il en profite pour capturer quelques imagesavec son téléphone. Il n’hésite pas à les publier sur Instagram. Rappelons qu’actuellement, en Corée du Nord, les téléphones portables et ordinateurs sont interdits pour les étrangers, seuls les guides peuvent décider des lieux où l’on peut prendre une photo et elles sont ensuite contrôlées à la frontière.

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Connaissiez-vous l’œuvre de JR ? Qu’évoque-t-elle pour vous ?

  1. De rien 😉 C’est vrai qu’il n’est pas encore très connu en France. Il préfère mettre en valeur ceux qui participent à ses projets plutôt que sa personne.

  2. J’ai vu et apprécier l’une de ses œuvre , tout simplement magnifique… pour la 1ère fois une toile m’a plongé dans une grande réflexion……

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