Souviens-toi de Zanzibar

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Tout ceux qui ont connu le voyage au long cours, ou tour du monde, le savent. Les dernières semaines du voyage sont très spéciales. L’esprit est déjà rentré. C’est un peu comme avant de partir. On est déjà un peu ailleurs. C’est une sensation étrange, d’excitation et d’angoisse. Nous étions en Tanzanie, au mois de juin 2015, prêt à mettre un terme à près de 2 ans d’aventures, en stop, à pied, en transport local… de l’Asie du Sud à l’Afrique de l’Est, en passant par l’Amérique du Sud. Pour boucler cette expérience, nous nous étions dit qu’une semaine à Zanzibar serait géniale. Et nous ne nous étions pas trompés !

L’archipel de Zanzibar, regroupé avec l’union du Tanganyika pour former la Tanzanie en 1964, est une excellente passerelle entre les cultures. Elle a garanti un retour en douceur après nos 7 mois en Afrique et notre retour en Europe, à Paris. Zanzibar a connu les perses, les portugais, les arabes d’Oman, les britanniques… Aujourd’hui, l’île d’Unguja, centre historique et politique, est un condensé d’influences comme rarement on peut en trouver sur Terre. N’allez pas croire qu’il n’y a à Zanzibar que des plages et des clous de girofles ! Soyez-en sûrs, un voyage à Zanzibar laisse un souvenir impérissable.

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En 1h30 de traversée depuis Dar Es Salam, nous voilà à Zanzibar. Quel bonheur d’arriver ici en bateau ! Le ciel est d’un bleu pur et l’eau, même celle du port, transparente. Ce qui frappe directement, ce sont les magnifiques monuments historiques, posés au milieu de l’agitation. Où sommes-nous ? Les influences arabes, anglaises, portugaises, indiennes, africaines… sautent aux yeux. Nous filons jusqu’à la vielle ville, Stone Town, pour loger chez un particulier qui tient une galerie. Nous voilà confortablement installés au centre historique, loin des plages, mais tout près de l’essentiel : le cœur vibrant de l’archipel.

En près de 2 ans de voyage, nous savons maintenant ce que nous aimons. Nous limitions nos visites touristiques à quelques journées mais passons l’essentiel de notre temps à se perde au hasard des rues. C’est notre activité favorite ! Et Zanzibar est le lieu parfait.

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Qu’est-ce que Zanzibar a d’unique ?

Nous passons constamment devant ces portes monumentales, sculptées d’une main de maître. On raconte que les piques marquent l’influence indienne. Ils servaient à repousser les éléphants trop curieux ! Le labyrinthe de ruelles mène à de minuscules boutiques où l’accueil est à chaque fois chaleureux. Les habitants ont pourtant l’habitude de voir des touristes mais ils ne nous apparaissent pas du tout lassés. D’ailleurs, qui à Zanzibar ne vient pas d’autre part ?

La vie se déroule, lentement, au rythme des prières musulmanes, que reprennent en cœur les quelques… 50 mosquées de l’île !

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A Zanzibar, les hommes jouent souvent au bao. Ce jeu de stratégie comparable aux échecs est un objet magnifique que les habitants sortent volontiers au beau milieu des rues. Son origine n’est pas connue mais aujourd’hui il représente à lui seul la culture swahili de la côte Est africaine.

L’architecture d’ici et d’ailleurs

Le palais des merveilles, construit par Barghash bin Said, deuxième sultan de Zanzibar, est une pure merveille. On devine l’influence british, mais l’intérieur est remplit de meubles indiens ! Le mélange toujours.

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Le marché aux épices vaut aussi le détour, surtout aux alentours.

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Zanzibar, au croisement des cultures

Le hasard des déambulations dans les ruelles nous mène à une superbe expérience. Nous tombons sur cette scène : des musiciens et danseurs s’animent joyeusement sous le regard d’enfants. Ils répètent juste avant un mariage. Des convives sont venus nous apporter des victuailles et nous inviter à venir dans leur cours pour admirer les festivités. Nous dégustons deux samosas et de la sweet meat (mélange de canne à sucre et de dattes) en écoutant les chants envoutants.

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Grosse ambiance ! Les mariés sont quelque part retranchés dans une des chambres de cette maison commune, typique de Zanzibar. En bas, c’est la fête avec la musique Taarab !

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Certaines de ces photos sont issues d’un précédent article “9 instantanés” publié il y a un an : Zanzibar éternelle.

Zanzibar dans l’assiette !

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Evidemment, un carrefour mondial de cultures se doit de proposer une nourriture d’exception. Tous les soirs, le parc Forodhani s’anime avec un marché de nuit. C’est ici que l’on peut goûter les célèbres pizza de Zanzibar, subtile mélange d’influences, là encore. Mais honnêtement, ce n’est pas dans ce marché bondé que l’on mange le mieux. Allez plutôt vous perdre dans les ruelles, là où mangent les habitants de Zanzibar.

Mention spéciale pour les Kachoris (patate écrasée avec gingembre, chili et citron), les Chapattis de Zanzibar (délicieuses crêpes agrémentées de clous de girofle et noix de coco) et l’Uji (porridge de maïs).

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Et les plages ?

Au fait, avec tout cela, on a oublié d’aller voir les plages ! Nous prenons un dalla-dalla (mini-bus local) et gagnons la côte Est en 2 heures. Il apparaît que les plages y sont plus belles et plus tranquilles. Effectivement, les petites criques abondent et l’eau est magnifique. Cette fois, je n’avais pas mon appareil photo pour immortaliser. Mais vous voyez très bien ce que je veux dire 😉 .

Dernier restaurant. Signe du retour imminent en France : Fanny commande une mousse au chocolat. En tout cas, si Zanzibar n’évoquait pour moi que des plages et des clous de girofle maintenant c’est bien plus que cela : musique taarab, accueil chaleureux, surprises à chaque coin de rue, architecture superbe, street food délicieuse… Vivement le prochain voyage !

Zanzibar vue par Joseph Kessel

Alors à Dar Es Salam, c’est un livre qui m’avait offert le premier contact rapproché avec Zanzibar. On trouve de tout dans la capitale de la Tanzanie, même des bouquins en français ! Il n’y a certainement pas mieux pour conclure que ces quelques lignes d’un des plus célèbres journalistes et écrivains français.

Joseph Kessel en arrivant à Zanzibar.

La piste fauve, 1954.

« Des cocotiers balançaient leurs panaches sur le bord des pistes de ciment. L’air et le ciel avaient la mollesse brûlante des grandes fleurs tropicales qui poussaient devant les bâtiments des aérodromes. Le vent apportait le murmure de l’océan des Indes.

Un matin, après m’être posé à ces escales, je vis, sur l’espace liquide infini, couleur d’améthyste, poindre et grandir Zanzibar. Elle semblait une verte nef qui cinglait vers notre avion. Et les rêves qu’elle m’avait inspirés depuis l’enfance voguaient à sa rencontre.

Zanzibar ! Parmi les beaux noms de la terre, l’un des plus beaux. Qui disait le chant des mers chaudes, les boutres pirates, la saveur des épices, les sultanats des contes d’Orient.

Zanzibar ! où Vasco de Gama avait mouillé ses caravelles et, après lui, les capitaines les plus aventureux. Que Portugais et Anglais s’étaient ravie tour à tour. Et que, faisant voile depuis le golfe Persique, les Arabes de Mascatte et d’Oman avaient enfin conquise.

Zanzibar ! qui envoyait ses négriers impitoyables jusqu’au milieu du noir continent. Marché d’esclaves prodigieux…

Soudain, l’ombre de notre avion se projeta contre un rivage et me rendit à la notion du temps : dès la fin du XIXe siècle, le protectorat anglais était établi sur ces lieux. Y restait-il quelques traces des anciens sortilèges ? »

Passage de dhows au coucher du soleil

Passage de dhows au coucher du soleil

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