Safari Street Art dans le quartier de Woodstock, au Cap

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Après quelques jours à arpenter le centre-ville de Cape Town, j’en tire deux conclusions : c’est beau et propre. Certains iront jusqu’à dire ennuyant. Autour du centre, s’étirent de toute part des quartiers résidentiels désertés, avec un nombre de villas de luxe impressionnant, entourées par des barbelés et annonçant une sanction à plusieurs milliers de Volts à qui s’approcherait un peu trop. Mais c’est en fait ignorer la physionomie de la ville du Cap. Plus qu’une ville calme et colorée coincée entre l’océan et la Table Mountain, c’est en fait une somme de villages possédant tous leur personnalité. Il suffit de s’éloigner d’à peine deux kilomètres pour découvrir des quartiers plein de vie où la jeunesse du Cap invente d’autre manières d’exister.

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Vue sur le quartier. A gauche, la Table Mountain et plus à droite les Docks.

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Les mosquées côtoient les studios vidéos flambants neufs.

Le quartier de Woodstock est l’un d’eux. A lui seul il représente l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, partagée entre communautarisme et vivre ensemble, démons du passé et renouveau. La gentrification, ici comme ailleurs, a ses avantages et ses inconvénients. Entre deux marchés bios dans d’anciennes usines réhabilitées, on peut facilement se retrouver à traverser des rues misérables dont les maisons tiennent à peine debout. Woodstock est le quartier à arpenter pour les amateurs de Street Art. L’art de rue est sévèrement réprimé et les murs légaux sont très rares dans le centre-ville du cap. Ici, on peut admirer une vingtaine d’oeuvres dispersées partout dans le quartier.

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Un rue résidentielle haute en couleur.

Safari Street Art

Pour chaque oeuvre, j’ai essayé de citer l’auteur et de donner l’emplacement. Certaines sont anonymes, peut-être pour contrer la répression. Un conseil, munissez-vous d’une carte du quartier et ouvrez l’oeil ! Certaines ne sont pas simples à débusquer, même si elles sont pour la plupart dans les rues perpendiculaire à Sir Lowry Road ou sur Albert Road.

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Le collectif “CORE” (Rayaan Cassiem, Anwar Davids, Leigh Cupido et Amedeo Bisogno) a voulu représenter la consience (des autres) et la conversation.  Lieu : coin entre Sir Lowry Road et Lewin Street.

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Une dose d’Old school

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NO EATING, ci-dessous, par l’artiste argentin JAZ. Lieu : coin entre Sussex et Wright Road. D’autres oeuvres du portenos sont consultables sur le site Houhouhaha.

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Quelque part dans le bâtiment Woodstock Stock Exchange (collectif de créateurs), je suis tombé sur cette oeuvre qui semble aussi être de JAZ. Il a l’habitude d’enchevêtrer les corps, allez savoir pourquoi…

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Au coin entre Sussex et William street, la street artiste Faith47 évoque le déracinement. C’est l’une de mes oeuvres préférée. Plus généralement, cette artiste sud-africaine (originaire de Cape Town) et reconnue mondialement, travaille sur les relations entre nos identités distinctes et nos points communs profonds. Vous pouvez visionner ici, une superbe vidéo de la réalisation de cette oeuvre intitulée “Living appart / entwined”, en 2012.

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Quelques oeuvres anonymes, près de Station Street.

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Si les oeuvres précédentes évoquent discrètement la faune africaine, d’autres, plus engagées, dénoncent directement l’extinction.

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Personnellement, j’interprète aussi l’image ci-dessous comme un avertissement pour la protection de la nature. Dans le cas où les zèbres venaient à disparaître de la planète, l’homme n’aurait d’autre choix que de se déguiser. Artiste : AEC (Interesni Kazki).

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Plus loin, des messages d’unité recouvrent les murs. Le collectif espagnol Boa Mistura révèle un diamant dans un coeur perforé.

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A droite, une oeuvre assez ancienne qui semble représenter la lutte des communautés noires pour jouir des mêmes droits que leurs compatriotes à la peau plus claire. L’artiste est Ricky Lee Gordon (aka Freddy Sam), originaire de Cape Town et certainement l’un des plus engagé.

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Des murs et des couleurs

Les facades d’Albert Road offrent aussi de belles couleurs. Les oeuvres sont largement moins engagées, et plus “pop-art” que les précédentes, mais elles ont l’avantage de redonner vie aux vestiges industriels.

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Mandela, icône pop ?!

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Un hommage anonyme au rappeur Bonzaya Street Tyrant, mort en 2011.

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L’artiste japonais Yumanizumu est à l’origine de cette bizarrerie qui complète à merveille le paysage au coin de Frere et William Street.

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On se quitte avec cette image, prise à l’arrachée devant un bâtiment en ruine, près des rails. Juste à côté de cette scène, un autre bâtiment sombrait dans les flammes. Les pompiers s’activaient et tout près des dizaines de jeunes camés gisaient, quelque part entre la vie et la mort. C’est comme si cette affiche collée au fond d’un bâtiment délabré évoquait le souvenir d’une partie de cette jeunesse sud-africaine.

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Y’a-t-il parmi toutes ces images une qui retient particulièrement votre attention ? 

Je vous conseille de suivre de près les artistes sud-africains Faith47 et Freddy Sam. Ils sont très actifs au Cap et leurs oeuvres en disent beaucoup sur le pays. Sur le blog, nous repartirons nous plonger dans le quartier de Woodstock, quelques lieux méritent vraiment le détour. Et je continuerai à arpenter les autres quartiers périphériques pour le plaisir des yeux. A suivre !

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