#ParistanbulTrip Acte 4 – Voyage dans le temps

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Voici le quatrième volet de l’aventure #ParistanbulTrip! La dernière partie du trajet m’a donné l’occasion de découvrir une partie de la Roumanie et de la Bulgarie. Vous pouvez trouver ici les actes 1, 2 et 3. Après 4 jours de sommeil difficile et de lever de pouce à travers l’Europe, me voici enfin dans les Balkans.

A l’assaut des Carpates !

En fin de matinée, nous passons du côté roumain. Le changement d’atmosphère est assez brutal.

La traversée du pays est prétexte à de longues discussions avec mon conducteur. Il m’explique ce qui a changé depuis l’arrivée de la Roumanie dans l’UE. Les drapeaux ont beau s’afficher fièrement sur quelques intersections, le dépaysement est frappant. Quelques portions de routes ont été construites ou rénovées par l’UE mais on se retrouve assez fréquemment sur des chemins défoncés.

Devant moi défilent des collines sans nom, des maisons familiales, brasiers de bords de routes et engins agricoles d’un autre âge. Le paysage n’a pas de sens, comme ma place dans ce camion. Les couleurs, pastels, sont comme passées au lavage. Devant leurs maisons, les roumains vendent leur vin tandis que les femmes s’occupent du stand de pommes de terre. Dans ce décor, tout nous pousse à la nostalgie.

Le soir nous échouons sur un de ces parking de bord de route. Plus exactement, un terrain vague peuplé d’étranges chiens borgnes. C’est ma toute première nuit dans un camion ! Nous passons la soirée à boire du tord boyaux artisanal et à déguster un plat concocté par mon conducteur. Un peu plus tard, il me propose son “spécial”. Il sort une bouteille en plastique rempli d’un alcool transparent fait maison. La boisson lui fait oublier son espagnol. Il me parle presque deux heures en bulgare… Chaleur étouffante, je dors à moitié. Finalement je passe la meilleure nuit du voyage, bien installé dans le cockpit du camion.

Réveil à 4h du matin par la fumée de cigarette. Le temps de nous faire un café et nous voilà repartis !

Dans la matinée, nous arrivons aux “Portes de fer”, passage entre la Roumanie et la Bulgarie. Sur plus de deux cents kilomètres, le Danube franchit la chaîne des Carpates et des Balkans entre la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie. Nous franchissons ce fleuve à bord d’un ferry en profitant d’un superbe levé de soleil sur l’eau.

Aperçu de la Bulgarie

Nous traversons une partie de l’ouest de la Bulgarie. Mes yeux se perdent dans les paysages qui entourent les routes. J’y trouve les stigmates d’une terre désolée. Soupçons de villages à flancs de falaises et lueurs de villes apparaissent presque comme des vestiges d’une civilisation disparue. Je distingue des usines désaffectées, des habitations délabrées et des visages mornes qui surgissent des champs. Je suis frappé par ce que je vois. Nous passons près de la ville de Pleven. Au bord des routes, elles sont nombreuses à offrir leur corps pour 10 euros. A demi-nues près des allées tortueuses, elles supplient le routier de s’arrêter.

Où suis-je et quelle Bulgarie s’offre à moi ? Où est la réalité ?

Tout comme la Roumanie, et d’après le peu que je vois, l’entrée dans l’Union Européenne (en 2007) n’a visiblement pas profité à une certaine partie de la population. Au contraire, des régions sont littéralement délaissées par les élites et les industries. Chechu m’apprend que son fils de 26 ans est resté au pays mais qu’il n’a jamais travaillé plus d’un mois…

Bien que le trajet fut riche en discussions et en fous rires, il nous faut nous séparer. Il doit quitter les routes nationales pour livrer des clients. Il me confie à l’un de ses collègues qui pourra me déposer près de la frontière turque.

Derniers conducteurs, premières frayeurs

Après deux heures d’attente sur un parking poussiéreux, un turc s’arrête et me propose son aide. Il s’arrête en plein milieu de la route et ouvre sa porte pour me laisser entrer. J’escalade les deux marches pour le saluer et, sans attendre que je sois totalement installé, il démarre son camion ! Je n’ai pas le choix, si je ne monte pas totalement je risque un accident ! Me voilà littéralement coincé entre le pare-brise et un amas de meubles. Les genoux au cou…

A savoir : Toujours faire en sorte de choisir ses conducteurs et d’avoir le choix de monter ou non.

Il parle très peu anglais. Nous avons beaucoup de mal à nous comprendre, si bien que je ne sais même pas où il compte me déposer ! Je comprend que nous ne sommes pas loin de la Turquie.

Passage de frontière

Nous sommes dans le noir complet, au bord de la route, et mon chauffeur insiste pour que je descende à pied et continue ma route seul ! Incompréhension totale. Pourquoi m’avoir amené jusqu’ici pour me laisser ensuite marcher seul vers la frontière ? Je descends donc du camion. Un automobiliste bulgare s’arrête et me propose de monter avec lui. J’hésite mais après réflexion je n’ai pas vraiment le choix !

“C’est facile, marche tout droit pendant quelques kilomètres, ne te poses pas de questions, c’est bizarre mais c’est comme ça”. D’accord, allons. Et puis, après quelques centaines de mètres je distingue le premier poste frontière. Je suis sur le point d’entrée en Turquie ! Moment d’émotion, que je partage avec les pots d’échappements et le son lointain de la prière.

Dernier conducteur

Posté à une station à la sortie du poste frontière, je mets seulement vingt minutes pour trouver un routier turc. Il est plutôt sympathique, même si je ne comprends pas tout ce qu’il me dit. Il me montre des photos de ses proches en les commentant longuement. Une heure plus tard, je me retrouve avec une dizaine de clichés dans les mains…

Dès le début du trajet, il insiste lourdement pour que je lui serve un verre de Raki, breuvage local à 45°, tout de même. Un verre, deux verres, jusqu’au cinquième ! Je commence à craindre qu’il soit trop saoul pour continuer à conduire. Deux solutions s’offre à moi : fuir ou me résoudre. Je me résous. Autant boire moi aussi, au moins la peur disparaîtra. Nous approchons de la dizaine de verres de raki et Istanbul se profile, au loin.

A savoir : toujours être prêt à redresser le volant d’un 15 tonnes quand il commence à chavirer sur le bas côté.

Sur l’autre continent

La nuit tombe et nous approchons d’Istanbul. Je me rends compte de l’immensité de la ville. Il accepte de m’emmener jusqu’à Kadikoy, lieu de résidence de ma cousine, dans la partie asiatique.

Suite et fin à l’Acte 5 !

Vous pouvez visualiser l’intégralité de ce trajet sur Livetrekker :

> #ParistanbulTrip – Partie 3

Cette fois, vous avez le droit à quelques photos, vidéos et sons pris sur le vif !

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