#ParistanbulTrip Acte 3 – Vers les Balkans, ou presque…

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Voici le troisième volet de l’aventure #ParistanbulTrip ! Après avoir difficilement quitté la France et traversé une partie de l’Allemagne, me voilà sur la route pour Munich et l’Autriche. Les actes 1 et 2 sont consultables ici et .

Il est près de 17h quand je trouve enfin une voiture! Rappelez-vous, il s’agit de Klaus, qui accepte de me poser un peu plus loin sur une aire d’autoroute plus fréquentée. Il me laisse donc non loin d’Augsbourg, toujours en Allemagne.

Objectif: trouver un coin où dormir!

Je tente ma chance en auto-stop pour un départ ce soir mais tous les routiers semblent passer la nuit ici. La serveuse du bar me remarque assez vite, avachi sur une banquette. Toute en sourire, elle s’avance vers moi.

“Est-ce-que vous voulez quelque chose à boire ? Et où allez vous dormir ce soir ?”

Je crois rêver. Il y avait presque trois heures que je cherchais un endroit où dormir alors qu’il suffisait de demander à la serveuse du bar! Elle propose de m’installer au fond du restaurant de la station, une fois que tous les clients seront partis. Une banquette trois étoiles rien que pour moi ! Quelques heures plus tard je gagne ma couchette et déplie pour la première fois mon sac de couchage. Seul petite ombre au tableau, elle a oublié d’éteindre la radio avant de partir. J’ai accès qu’à une enceinte mais impossible de trouver le poste pour, au moins, baisser le son. Ce n’est même pas une radio musicale! Il faudra donc dormir avec un fond sonore de débats politiques allemands. Pas vraiment grave, vu mon niveau de fatigue physique…

Au réveil, la radio tourne toujours à fond. J’ai fait plusieurs cauchemar où je me trouvais en Allemagne aux alentours des années 39-45….

Nouvelle journée, la motivation est au plus haut. Dès 5h30 du matin, je sors pour tenter de trouver un chauffeur. Mais les routiers ne sont pas aussi matinaux. L’attente est longue et froide. Je fais beaucoup d’allers-retours entre le parking et la station pour me réchauffer un peu. Je questionne un roumain, en train de déjeuner près d’une roue de son carrosse. Il va en Roumanie mais il a encore quelques livraisons de voitures à faire, dont certaines sont assez éloignées de l’autoroute.  Dommage, je reprends ma déambulation à travers le parking…

Plusieurs refus plus tard, l’air dépité, mon ami roumain m’interpelle de nouveau pour m’aider. Je trouve d’abord cette manifestation d’intérêt assez suspecte. Il négocie presque pour m’emmener!

Pensée stupide: Est-ce qu’il s’ennuie ou veut-il me transformer en steak ?

Il semble vouloir m’aider. C’est décidé, je monte avec lui! Comme il me l’avait précisé, avant de rejoindre la Roumanie, il doit livrer quelques véhicules de son chargement.

En avant ! Enfin, en arrière… Il doit récupérer une BMW 50 km en direction de Stuttgart. Même s’il s’agit d’un simple détour avant de reprendre la marche avant, il est assez dur, psychologiquement, d’encaisser un retour en arrière sur un chemin qui a été semé d’embuche.

Nous arrivons chez un revendeur de voitures, en pleine forêt bavaroise. Je suis d’ailleurs assez rassuré lorsque j’aperçois le panneau au milieu des arbres. Nous attendons sagement dans le camion. L’avantage c’est que nous pouvons parler sans difficultés. Nelu a travaillé pendant plus de dix ans en Espagne et parle donc couramment. Nos discutons beaucoup sur la Roumanie au milieu de cette sombre forêt allemande. Je lui parle de mon aventure en lui présentant mon itinéraire prévisionnel. Il me conseil de changer de plan: “Serbia no es bueno para ti”. Il me commente largement la carte et organise même un débat avec les autres conducteurs. Selon la plupart d’entre eux, les bords de route ne sont pas sûr en Serbie et les conducteurs sont assez réticents à prendre des inconnus.

Finalement, il aura d’autres livraisons qui le contraindront à rouler très lentement. Je préfère alors le quitter pour continuer ma route plus rapidement. Il me dépose à Suben, dans une station essence coincée entre l’Allemagne et l’Autriche. Il y aurait beaucoup de conducteurs turcs rien que pour moi…

Une nuit fumante

Malheureusement, tous les conducteurs  passent la nuit sur place. Il faut donc, une fois de plus, trouver où dormir. Seul endroit qui semble s’offrir à moi: le fumoir du restaurant de la station essence. C’est mieux que rien me direz-vous! La nuit est plutôt bonne même si les fumeurs de cigares sont assez bruyants lorsqu’il se déplacent en meute. Je me réveille avec l’impression d’avoir dormi dans un cendrier. Il est 5h30 et je suis plus que prêt à en découdre!

Une très longue journée

Il y a plus de trente camions turcs sur le parking. Je commence à les questionner. A ma grande surprise ils vont tous en direction de l’Allemagne alors que nous sommes sur le flanc droit de l’autoroute, en direction de la Hongrie…

Cette situation n’a aucun sens. Je suis bien dans la direction de Vienne mais tous les conducteurs que j’ interroge m’assurent qu’il vont dans le sens opposé. Pourquoi donc s’arrêter ici ? Peut-être pour la douane, mais pourquoi pas dans l’autre sens ?

Pensée stupide: Avec autant de méditation, au retour on m’appellera little Bouddha.

Je reste assis à un croisement, presque découragé après cette attente interminable. Il y a bien ce turc, qui roulait à contre-sens sur une route de l’aire de repos. Il m’a dit qu’il revenait dans un petit moment pour m’emmener jusqu’en Serbie. Mais il n’est jamais réapparu. Dommage, j’aurais largement accepté de changer mon plan de route et aller à l’encontre des conseils roumains. Tout pour quitter ce foutu parking!

A ce stade de l’aventure, je commence à comprendre quels sont les moyens qui permettraient d’optimiser ma progression en auto-stop:

  • Ne pas accepter systématiquement toutes les propositions
  • S’assurer que l’endroit où l’on me dépose soit assez fréquenté
  • Faire en sorte d’arriver aux heures habituelles de départs des routiers

Mon intuition me fait lever pour aller questionner un conducteur allemand: “Hungary ?” “Yes”. Et me voilà en route pour la Hongrie en compagnie de Vana, un allemand de 55 ans aussi sympathique qu’intéressant! Il a eu la bonne idée d’emporter avec lui du chocolat suisse et me fait découvrir l’une de ses passions: la musique électro. Ces moments agréables qui me font presque oublier un arrêt de cinq heures à cause d’un problème de poids sur le camion. Ensemble, nous plaisantons. La traversée de l’Autriche n’est qu’une formalité. Malheureusement, je n’ai entrevue qu’une infime partie des paysages de montagnes qui semblent caractériser le pays. Cette courte traversée me donne toutes les raisons d’y retourner, plus longuement.

Soudain, un coup de téléphone de son employeur mettra fin à nos échanges. Il craint pour le chargement du camion. Vana transportent des voitures “très chers” qui pourraient tenter les voleurs. Déçu par cette annonce, je donne mon avis: “Pas grave, en cas de vole, c’est l’employeur qui paye non? “Non, mon patron a peur des attaques à mains armées. Ils “descendent” le conducteur et les passagers pour ne pas laisser de témoins”. Très bonne idée Vana, laisse moi donc près de Budapest…

Nuit hongroise et cap sur la Roumanie!

Encore une fois, j’arrive vraiment au mauvais moment. A cette heure tardive, plus personne ne prend la route. Au lieu de tenter ma chance avec les rares automobilistes, je décide de m’assoupir, assis sur une chaise en bois, dans cette minuscule et inhospitalière station service.

Le lendemain, et au bout de deux heures, me voilà en route pour la Roumanie. Chechu, un conducteur bulgare, m’embarque à bord! Par chance, lui aussi parle couramment l’espagnol ! Décidément…

Il m’offre un copieux repas. Ensemble, dans la bonne humeur, nous filons en direction de la Roumanie!

Suite à l’ Acte 4. 😉

Vous pouvez visualiser le trajet GPS de ces 700 premiers kilomètres sur Livetrekker:

> #ParistanbulTrip – Partie 2

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