New York en 3 atmosphères

image

Si j’évoque une de mes villes préférées, comment ne pas parler de New York? Par quelle ruse y échapperais-je ? Celle qui attire le monde entier sur son sol, celle que tant d’auteurs et artistes ont tenté d’appréhender…

New York ne laisse pas indifférent. On y arrive en se disant qu’on y est enfin puis on la quitte en sachant qu’on y retournera forcément. Le monde entier s’y est donné rendez-vous, pourquoi pas moi ? Cinq quartiers et mille et une raisons d’aller sentir le pouls d’une ville qui marque à plus d’un titre. A l’image d’autres cités tentaculaires, on l’aime et on la déteste pour les même raisons. Trop grande, trop agitée, trop bruyante… mais tellement fascinante.

Se loger ? A New York, le choix est gigantesque. Je vous conseille d’aller faire un tour sur le site HUNDREDROOMS.FR pour trouver un appartement qui vous corresponde. Le mieux, selon moi, est de loger à Manhattan ou Brooklyn, de préférence près des lignes de métro. A moins que la vue depuis Long Island sur Manhattan ne vous séduise… 😉 Tous les points d’intérêt listés ci-dessous sont facilement atteignables en métro en moins de 45 min, qui vous soyez à Manhattan ou Brooklyn.

« New York est une ville féconde et généreuse, si vous en acceptez la décadence.» James Dean

Alors pourquoi la grosse pomme? Je vous présente ici 3 lieux en autant d’atmosphères. A chaque fois qu’un lieu remarquable traverse l’histoire de New York, royaume de l’éphémère,  c’est qu’il est le pur produit de son environnement. Bien souvent, la créativité et l’innovation naissent du bouillonnement des cultures. New York est alors un volcan déchaîné. Pas étonnant qu’elle soit le berceau du jazz, du Hip Hop, du gospel, de la salsa…

–   Harlem, pour l’Histoire… et son Amateur Night   –

On y parle un anglais métissé et un espagnol aux multiples accents. Les artères du quartier sont rebaptisées au nom des illustres personnages de l’histoire afro-américaine: Lenox Avenue, Malcom X Boulevard,  Adam Clayton  Powell Sr Avenue… La 125e street , rebaptisée le Martin Luther King boulevard, est l’épicentre de Harlem. Au numéro 253 West, le célèbre Apollo theater a vu passer toutes les légendes de la black musique américaine. C’est ici qu’on organise, chaque mercredi, la mythique soirée tremplin pour les artistes débutants: l’Amateur Night show.

L’Amateur Night show est un concept  à l’histoire aussi riche que le quartier qui la vu naître. Lancé en 1934, il a propulsé les carrières de Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Marvin Gaye, Stevie Wonder, Aretha Franklin… Plus récemment Lauryn Hill, Mariah Carey,The Jackson Five et James Brown y ont fait leurs débuts. Autant vous dire que la gloire est promise à celle ou celui qui saura ravir le public de la mythique salle new-yorkaise.

« Apollo Theater : where stars are born and legends are made »

Mais briller au sein de cette soirée n’est pas une mince affaire! Les règles du show sont aussi simples que cruelles. Les artistes qui se présentent sur scène peuvent interpréter leur chanson aussi longtemps que le public le décide. Lorsque les spectateurs jugent qu’un artiste n’est pas assez bon ils sifflent compulsivement et scandent des “Go out!”, “Stop!” et autres cris d’alerte! Si le brouhaha de la salle devient trop lourd, un danseur débarque pour mettre fin au massacre. C.P. Lacey (c’est son nom) débarque en musique (et parfois en moon walk!) pour chasser l’artiste de la scène! Il arbore à chaque fois un nouveau déguisement: Mickael Jackson, Snoop Dogg, Scarface…. et chasse littéralement l’artiste que le public a jugé illégitime. Dans une ambiance de folie, une grande partie des spectateurs se lève et crie au scandale jusqu’à ce que l’artiste disparaisse à jamais de la légendaire scène de l’Apollo theatre. Hallucinant!

Je me souviens entre autre d’une afro-américaine d’une trentaine d’années venue en tenue de soirée pour interpréter un classique de la Soul. Tout est là, le physique, le look, la prestance, la voix… Mais au bout de 10 secondes sur scène, la diva chante faux. C’est déjà trop pour le public de l’Amateur Night Show! Quelques femmes se lèvent et crient “Oh no, please!” “Go away” ! C.P. Lacey débarque et la chasse gentiment de la scène.

On pourrait penser que le concept est cruel, (et il l’est!) mais les artistes sont prévenus avant de monter sur la scène et les américains ont le don d’assurer le show! Les artistes qui parviennent à finir leur chanson sont acclamés et promis à un bel avenir.

–   Queens, pour la diversité et…  son «  International Express »   –

Au sein de l’un des quartiers le plus multiethnique au monde, la ligne 7 du Métro offre un vrai voyage. On la surnomme à juste titre “International express“.

Depuis Manhattan, elle file ensuite vers le Queens et passe par des quartiers grecs, philippins, colombiens, coréens, chinois… 46% des 2.2 millions d’habitants qui peuplent le Queens seraient nés à l’étranger, et plus de 150 nations seraient représentées. Prenez la ligne 7 au départ de Times Square et faites le chemin jusqu’au terminus en faisant escale à quelques stations.  Le dépaysement est garanti! Au retour, vous aurez une vue imprenable sur les gratte-ciels de Manhattan.

Parmi les escales les plus intéressantes, il y a 5Pointz. Cet ancien entrepôt a été reconverti en terrain d’expression pour graffeurs! Des artistes du monde entier s’y donne rendez-vous et s’unissent pour habiller les friches de mille couleurs.

Le site est aujourd’hui menacé de fermeture pour laisser place à la construction d’un projet immobilier. Voilà une raison de plus pour filer au plus vite découvrir le plus gros espace de graffiti au Monde.

Le terminus de la ligne 7 vous transporte subitement dans l’Empire du Milieu. Le quartier de Flushing est dit-on : « encore plus chinois que l’est la Chine elle-même » !


Il est très facile de goûter le cuisine chinoise pour moins de 10 dollars, et encore moins si l’on se contente d’une soupe à emporter. On y parle fort, tout est écrit en chinois et il y a beaucoup de monde, bref vous êtes comme à Pékin!

–   Brooklyn, pour la créativité et…  sa Mecque de la boxe   –

Brooklyn est un musée à ciel ouvert. On peut trouver l’art éphémère à chaque coin de rue. Les entrepôts d’hier y deviennent les coins branchés de demain et chaque quartier a une personnalité bien marquée.

—————–

Au cœur du quartier de D.U.M.B.O. vous trouverez le Gleason’s Gym, célèbre club de boxe bientôt centenaire. Il compte plus de 1000 membres dont presque 400 femmes. Plus de 100 nationalités de toutes conditions sociales s’y croisent, en témoignent les casiers décorés d’un drapeau porto-ricain, ghanéen, cubain, ou encore aux couleurs de la banque d’investissement JP Morgan! Il avait été créé dans le Bronx en 1937 par un boxeur irlandais, Bobby Gleason, avant de migrer à Manhattan puis à Brooklyn en 1984.

  1. Je ne suis pas tellement fan des Etats-Unis, mais le côté cosmopolite m’attire énormément à New York, C’est la raison pour laquelle j’irai en premier lieu. J’aime beaucoup les villes colorés grâce aux dessins. Ca donne de la vie et laisse un paysage moins gris comme on le retrouve souvent dans les grandes villes. Bon courage pour le concours !

    1. Merci! C’est vrai que ce n’était pas le pays qui m’attirait le plus, mais après avoir lu pas mal de récits de voyages dans l’Ouest américain j’ai définitivement changé d’avis! New York c’est encore autre chose, tellement différente d’un quartier à l’autre que je pense que chacun peut y trouver son compte…

  2. J’ai abordé New York d’une manière qui m’en a laissé un souvenir impérissable. Loin du débarquement conquérant de certains français par le Paris – NY d’Air France en business class, un ami et moi avons voulu économiser de l’argent pour notre séjour dans la ville elle-même, et avons donc naïvement réservé un aller-retour via une compagnie de bus au départ de Raleigh (Caroline du Nord) pour $30 chacun. Les 10 heures de trajet annoncé nous paraissaient un moindre mal, tant que nous entretenions encore l’illusion de voyager dans un gros “coach” type Euro Tours avec sièges confortables et toilettes décentes…

    Une heure d’attente sur le parking d’une supérette chinoise plus tard, accolée à un “mall” de banlieue anonyme, sans bancs ni éclairage par -5°C, la réalité nous est apparue dans toute sa logique lors de la montée dans le bus. Une clientèle assez éloignée du profil « petit blanc européen aisé », des sièges durs comme la pierre, des toilettes condamnées. Des mines sombres, des regards noirs, une odeur âcre, des sacs plastique en guise de bagages.

    Et c’est là qu’appréhender New York est paradoxalement devenu poignant, grandiose.

    Après 10 heures sans fermer l’œil, durement ramené aux réalités si facilement oubliées par l’étudiant en école de commerce, entouré de naufragés de l’économie américaine et d’immigrés remplis d’espoirs, alors que le bus traverse l’Hudson River pour venir se garer en plein cœur du quartier ethnique de Chinatown… la foret de buildings qui émerge lentement de la brume, puis la frénésie de la ville se frayant déjà un chemin par la porte avant qui s’entrouvre vers la délivrance… un peu hagard, on retient son souffle en posant le pied sur le trottoir déglingué, les odeurs de nourriture asiatique remplaçant instantanément les effluves de sueur et d’urine de la cabine du bus. L’euphorie qui s’empare alors de nous permet d’imaginer ce qu’ont pu ressentir les millions d’ancêtres de New-Yorkais ayant migré vers la Grosse Pomme, leurs premiers pas après un trajet misérable, parfois de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, sans le moindre sou mais ambitieux comme jamais !

    La « mauvaise » surprise et le stress futile généré par la déception et l’inconfort ont certainement joué dans mon sentiment d’aborder cette ville gigantesque comme un simple, énième migrant fauché venu tenter de cueillir la pomme du capitalisme et bâtir sa propre success-story. C’est pourquoi après vous l’avoir décrite, je ne pourrais plus vraiment recommander cette façon d’appréhender la « capitale du monde ». D’autant que quelques semaines plus tard, un autre ami voyageant sur la même compagnie s’est fait agresser par un passager !

    Pour l’anecdote, notre retour à Raleigh par le même moyen de transport s’est trouvé égaillé d’un gigantesque blizzard que n’a pas hésité à braver le conducteur chinois, malgré l’annulation de tous les vols et la fermeture des autoroutes… épique !

Comments are closed.