Les gens les plus chelous que tu croiseras en voyage – Partie 1

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Alors comme ça tu pars voyager autour du monde ? Tu as besoin d’un “break”, d’une “parenthèse” pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs.

Tu es sans cesse stimulé par les innombrables photos qui polluent tes flux Facebook, Twitter et Instagram. Les voyageurs ont l’air de vraiment s’éclater là-bas, peu importe où. Ils admirent des paysages extraordinaires et s’entourent constamment d’une bande de fêtards, forcément cools et ouverts vers les autres (tant qu’ils leurs ressemblent). Mais voilà, tous oublient de partager un bout de leur expérience lorsqu’ils évoquent leurs rencontres. Un tour du monde ou n’importe quelle ballade planétaire de plusieurs mois donne l’opportunité (la chance 😉 ) de côtoyer un tas de gens bizarres. Le plus curieux c’est que l’on peut largement les ranger dans quelques catégories bien définies, quelque soit l’endroit où l’on se trouve sur Terre. Florilèges des chelous, voir relous, les plus emblématiques que l’on croise sur la route.

L’affranchi à temps partiel

Je commence direct par l’un de mes préférés. On le retrouve partout ! Il est souvent jeune et adepte d’un look baba-cool-néo-hippie. A la bouche, il n’a de cesse de vanter les mérites d’une vie en marge, loin de sa base familiale et de son pays de naissance. Du bout de sa barbe hirsute et de son flegme quasi inné, il t’avouera qu’il touche toujours son chômage français. “Anti-système sauf les jours de paie” comme dirait le rappeur Brav.  Il déteste “la société” alors que c’est elle-même qui le fait vivre. En Thaïlande, il ira acheter un débardeur Chang ou Singha. Au Pérou, il ira tester l’ayahuasca au fin fond de l’Amazonie. En Inde, il sera à Rishikesh. J’avoue c’est quand même un compagnon cool pour partager un moment à la chaleur d’un feu de plage. Mais pas trop longtemps.

Les stressés

Ceux-là se déplacent sur Terre souvent en couple. Ils partent faire un “tour du monde”, pour lequel ils ont “tout lâché”. En vérité, ils n’ont eu qu’à obtenir une année sabbatique par leur employeur pour “assurer leurs arrières” et planquer leurs meubles Ikea chez leurs proches. Ils ont 50 000 euros pour un an mais ne savent pas si cela leur suffira. Avant le voyage, ils ont scrupuleusement planifié chaque semaine de leur ballade au long cours, en veillant à ne rien louper du must-see mondial dicté par les Top 10 qui pullulent sur le web voyageur. En soirée, ils te demanderont ce que tu fais le lendemain et seront consternés par ta réponse incomplète. Une soirée réussie consiste pour eux à avoir pu réserver toutes les nuits de la semaine sur Bookings ainsi que tous les transports. Première question qui arrivera quand tu parleras d’une destination qu’ils ne connaissent pas : “Et ce n’est pas dangereux ? Parce que j’ai lu sur……”.

La divorcée en quête de sens

On la trouve surtout en Inde ou au Népal. Les marketers qui ont vendu le yoga en occident – quitte à le travestir – sont directement responsables de leur présence. Elles sont venues avec une vision idyllique des cultures bouddhiques et ne supportent vraiment pas la moindre critique envers ces cultures millénaires qui auraient bien pu sortir de leur tête tellement elles captent trop la vibe. Les profs de yoga sont vraiment moins chiants (et poilus) que leurs beaufs d’ex-maris. Du haut de leur cinquantaine, elles adorent se faire les portes paroles de ceux qui soufrent ou de ceux qui ont des croyances mystiques, tant qu’elles peuvent vivre dans leur hôtel conseillé par le Routard et manger comme cinq autochtones. Ses conversations tournent très souvent autour de leur révélation et leur libération du “stress des villes”. Elle a ce joli ton condescendant quand elle te dis que tu es jeune et que tu comprendras plus tard où est ta place. Elle, sa place est ici : à sauver le monde en donnant des cours de langues sans être prof ou écouter des mantras sans rien piger. Lorsque l’ennui se fera ressentir et qu’elle découvrira que le yoga est beaucoup plus éprouvant que le cours de pilate de Paris, elle repartira en Europe, puis reviendra “recharger ses batteries”.

Le sans-amis-faussement-solitaire

Ce genre de sangsue adore coller les couples en voyage. Ils pensent sûrement que nous sommes une proie facile. Il va s’assoir avec sa bière low-cost (arrêtez de vanter les bières asiatiques, elles sont toutes fades) et va dérouler une longue tirade pour célébrer le “voyage en solo”, l’aventure et tout ce qui fait le héros solitaire voyageur. Oui il a pris son avion seul, c’est bien, sauf que depuis qu’il voyage en terre étrangère, il ne cesse de vouloir coller les autres, surtout pas les locaux mais plutôt les voyageurs qui lui ressemblent. Il est facile à reconnaître. Si vous entendez “alors vous faites quoi aujourd’hui ?” ou “combien de pays vous avez faits ?” c’est possiblement lui.

Le post-pubère surexcité

Ok ça aurait pu être moi si j’avais pu voyager dans le monde entier à mes 18 ans. Mais au lieu de partir à l’autre bout du monde faire des full-moons pourraves, je me contentais de découvrir la Saône et Loire. Raison pour laquelle quand je les croise en auberge de jeunesse, leur bonne humeur exagérée, leur odeur et les bruits qui s’échappent de leur enveloppe corporelle m’insupportent encore plus. Hashtag jalousie.

Le barbouze

Il suffit de traîner dans les quartier chauds des anciennes colonies françaises pour le rencontrer à coup sûr. Ils sont tolérés par la police locale pour leurs devises. Face à lui tu n’es qu’un nabot qui n’a rien compris à la géopolitique mondial. Il est politologue, stratège, philosophe, ventripotent, à tout fait, tout vu. Il a parfois une auberge qu’il dirige d’une main ferme pour oublier un peu son ancienne vie. Attention, il peut être dangereux, raciste ou sale. Ou les trois.

Et vous quels sont vos meilleures relous/chelous croisés en voyage ? Bientôt la suite !

Un commentaire sur "Les gens les plus chelous que tu croiseras en voyage – Partie 1"

  1. Ahahah L’érudite est pas mal aussi … Tout vu Tout fait.
    “Non, vraiment, tu fais pitié avec ta nonchalance.”
    Si tu ne connais pas le pedigree complet du pays tu ne fais pas parti de la même Secte des éveillés 🙂
    J’ai rencontré pas mal d’affranchi / faussement solitaire…Le mixte oui 😀
    Très sympa comme article.

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