La Loire à Vélo – Acte 2 – En région Pays de la Loire

image

Le dernier fleuve sauvage d’Europe nous a déjà révélé quelques uns de ses secrets. A l’acte 1 du récit de la Loire à vélo en région Centre, j’ai partagé avec vous quelques escales intéressantes et notre quotidien de cyclistes amateurs. Il reste un peu plus de 200km avant d’arriver à l’estuaire de la Loire. La motivation est au plus haut et cette deuxième partie promet encore de belles découvertes !

le_ciel

Acte 2 : en région Pays de la Loire

Une bonne nuit de sommeil me laisse (encore) à penser qu’on ne dort jamais aussi bien que dans la nature.

nuit en bivouac

Les piliers de bars ont toujours raison

Dès 7H30, nous prenons la route à jeun faute d’avoir pensé à acheter le nécessaire. Une bonne raison pour aller de bon matin dans un bistrot de village. Il paraît qu’on y fait des rencontres intéressantes…

A peine entré dans le bar, un homme accoudé au comptoir plaisante avec nous ! Il n’est pas encore 9h alors qu’il savoure déjà son ballon de blanc. Appelons-le José.  Le monde pourrait s’écrouler, une guerre se déclarer, José, s’en moque. Accoudé au comptoir, il refait le monde  entouré de ses acolytes. Après quelques plaisanteries, nous le questionnons à propos des sites à visiter dans le coin. José est formel, il faut absolument visiter le château de Brézé. “C’est l’un des plus original de la région, vous verrez! Allez-y de ma part !” Il insiste longuement en nous ventant les charmes du château. Il ajoute qu’on y sera en empruntant une route qui s’enfonce dans les vignobles, à la sortie du village. On remercie José et nous voilà en direction du château de Brézé !

Les vins d’Anjou et de Saumur constituent le vignoble le plus étendu du Val de Loire avec 20 000 ha. Et il y en a pour tous les goûts : au total plus de 28 appellations s’offrent à vous. En tant que sportif (si si !), nous n’aurons pas l’occasion de goûter au vin. Mais les vignobles nous ont quand même rendu ivres…

V-Ignobles

Mes mollets crient au scandale ! José n’avait pas précisé qu’on roulerait plus de 20 kilomètres dans de véritables montagnes russes ! Sous un soleil de plomb, nous dévalons les vignobles d’Anjou. J’ai du m’arrêter plusieurs fois, faute d’avoir un vélo adapté à ce type d’ascension ! Pendant deux heures j’ai littéralement haï José…

Le château de Brézé : trésor caché 

Le château de Brézé se dresse fièrement devant nous. Premier coup d’oeil et le souvenir de la souffrance endurée dans les vignobles disparaît aussitôt !

chateau_breze

chateau_breze2

Un château peut en cacher un autre !

La spécificité du château de Brézé est qu’il est en partie souterrain ! A la surface, on visite le château originellement construit à la Renaissance, puis souvent modifié au fil des époques. La partie souterraine est une forteresse troglodytique construite dès le IXème siècle ! Depuis l’année 2000, les visiteurs peuvent admirer toute la partie souterraine, composée de dizaines de pièces ayant chacune leur utilité. C’est en fait une vraie ville construite sous terre !

souterrains_brezesouterrains_breze2On déambule librement dans les allées sombres pour admirer les fours à pains, les chambres, les caves à vins… Les douves qui entourent le château n’ont jamais été remplies d’eau. Elles donnent accès à d’autres pièces à vivre et ateliers variés. Autour du château on peut distinguer les nombreux systèmes de défense.

Nous quittons le château de Brézé ravis d’avoir fait ce détour !

souterrains_breze3

chateau_breze

Seul vers l’océan

Je file maintenant seul vers l’océan. Mon pote a un rendez-vous qui l’oblige à faire escale avant Angers, puis regagner Laval pour reprendre le travail lundi.  Une trentaine de kilomètres me séparent de Saumur. J’ai posé plusieurs fois le vélo pour photographier les embarcations traditionnelles de la Loire. On les appelait les gabares, toues ou futreaux, par ordre de grandeur.

BORDS DE LOIRE

Escale à Saumur

On ne peut pas louper la ville de Saumur ! Un imposant château surplombe la cité du moyen-âge. J’ai un peu de temps devant moi. Tant mieux puisque le centre-ville abrite de charmantes terrasses qui n’attendaient que moi. Dans le quartier historique, un chemin très escarpé mène au château. Je désobéis à mes mollets en décidant d’aller visiter la forteresse construite dès le Xe siècle.

ville_saumur_vue

chateau_saumur_vue

La visite du château ne m’a pas particulièrement intéressé. Le détour vaut tout de même la peine car on peut profiter d’une impressionnante vue sur la ville et la Loire.

vue depuis saumur

Première nuit seul en bivouac

Après une promenade et un ravitaillement rapide, je file hors de la ville pour trouver un coin où dormir. Nous sommes samedi soir. Je constate que nombre de saumurois se rejoignent sur les bords de Loire pour manger et profiter de la fraicheur. Vingt-cinq kilomètres plus tard, je trouve le coin idéal pour passer ma première nuit seul.

Au réveil, je suis encore une fois frappé par la beauté des bords de Loire !

Chalonnes et ses environs : le bain de nature

loire chalonnes sur loire

En suivant l’itinéraire de La Loire à Vélo, vous traverserez l’île de Chalonnes, la plus grande île habitée de la Loire.

Escale insolite : le Lénine café

lenine cafe 1

la loire a veloPourquoi s’être arrêté ici ?! Tout d’abord, un détail ne trompe pas : la café est labélisé “Accueil vélo”. Ce réseau de prestataires assure la qualité de l’accueil réservé aux cyclistes qui empruntent le Loire à Vélo. Et surtout, le nom du café me laisse vraiment perplexe !

la baltika_

Le bar est en partie un musée dédié à Lénine !

Plusieurs pièces abritent des objets appartenant à l’ère soviétique ou évoquant la vie de Lénine.

En me délectant d’une savoureuse bière russe, la Baltika, j’échange quelques mots avec le serveur. Il m’apprend que la propriétaire a grandi avec l’image de Lénine. Elle a effectué de nombreux voyages en Russie et ailleurs en Europe de l’Est, d’où elle a ramené quantité de souvenirs.

lenine cafe 5lenine cafe 4lenine cafe 3

Si la décoration du Lénine café peut étonner et interpeller, c’est en fait un lieu très accueillant. L’atmosphère est convivial, des conférences et plusieurs concerts sont organisés dans la cour. Il s’agit avant tout d’une association à vocation culturelle et sociale. N’hésitez pas à y faire une halte ! La programmation est riche et le concept vraiment original !

Adresse du Lénine Café : La Basse Île, 49290 Chalonnes-sur-Loire.

Point matériel

Dans la première partie du récit, j’ai partagé avec vous ma liste d’équipement pour ce périple. Au retour, j’ai pu me rendre compte du bien fondé (ou non !) de ma liste. Voici, avec le recul, mes conclusions :

  • Conseil qui pourrait sembler logique : ne portez pas votre sac sur le dos ! J’ai passé les trois premiers jours du périple à souffrir à cause de mon sac à dos. La meilleure solution (et la moins chère) consiste à l’accrocher sur un porte-bagage. J’en ai donc acheté un sur la route…
  • Amener un coussin et un matelas gonflable a été une très bonne idée. J’ai passé de très bonnes nuits et cela permet d’éviter les courbatures.
  • Pas besoin de s’encombrer de nourriture. Il y a énormément de commerces et restaurants à des prix peu élevés.
  • N’oubliez pas d’installer l’application Loire à Vélo ! Elle s’est avérée très utile pour se retrouver et prévoir notre itinéraire afin de ne pas monter notre tente de nuit. Vous pouvez aussi bénéficier de nombreux bons plans et réductions !

application loire a vélo 2

Je continue ma route, non sans peine. La Baltika m’a légèrement troublé la vue.

– Note personnelle : éviter la bière russe en plein cagnard –

Une nuit en enfer

La deuxième nuit seul en bord de Loire a été assez horrible…

Fin de journée aux abords de Nantes, je m’arrête sur une étendue d’herbe à environ 500m de la Loire. Comme d’habitude, je vérifie la météo avec mon portable. J’apprends que des orages vont secouer la région, mais seulement à 11h du matin. Je serais largement après Nantes d’ici là ! Sûr de moi et assez content d’avoir trouvé ce petit coin de paradis coincé entre les champ et la Loire, j’établis mon bivouac.

Comme tous les soirs, j’admire le coucher de soleil en dévorant mon sandwich. Vingt-deux heures trente, la fatigue a raison de moi et je m’étale dans ma demeure de toile. La nuit aurait pu être bonne mais je suis brusquement réveillé par une pluie diluvienne, aux alentours de minuit.

Peu de temps après, le tonnerre gronde et le ciel libère d’énormes éclairs au-dessus de ma tente ! PANIQUE TOTALE !! Des éclairs illuminent ma tente comme en plein jour et des coups de tonnerre me font sursauter toutes les 2 minutes ! Le ciel est littéralement déchaîné ! L’orage aura duré jusqu’au petit matin…

J’ai finalement résumé la soirée et la matinée avec ces quelques lignes :

Passer une nuit blanche, seul en bivouac, avec la pluie et l’orage. Avoir peur d’être transformé en merguez à chaque coup de tonnerre. Se prendre la grêle le matin. Rouler sous la pluie et faire un détour pour rejoindre quelqu’un adossé à sa fenêtre et qui nous fait signe. Arrivé là-bas, se rendre compte que c’était un trompe l’oeil de Segolene Royal. 😉

Vers l’arrivée !

Complètement trempé et frigorifié pour tout le reste de la journée, je pars pour plus de 50 kilomètres ! Et avec le sourire !

Aux abords de Nantes, la fatigue commence à se faire sentir. Je me trompe plusieurs fois de chemin dans la zone portuaire et industrielle de Nantes. Il faut dire que l’itinéraire n’est pas toujours clairement indiqué dans cette partie du trajet.

L’arrivée à St-Brévin-les-Pins

Il reste moins de 20 kilomètres ! J’approche du but ! Malheureusement je me trompe (encore) plusieurs fois sur cette dernière portion. Je ne sais si c’est le mauvais ou la fatigue qui se libère, mais j’ai vraiment du mal à suivre le trajet de la Loire à Vélo.

arrivée loire a véloDopé par l’envie d’en finir, j’abats rapidement les 11 derniers kilomètres. J’arrive à St Brévin les Pins, point final de la Loire à Vélo. Tout sourire, je contemple fièrement le panneau affichant que j’ai parcouru plus de 800 kilomètres….

En guise d’accueil, une étrange oeuvre d’art contemporain m’attends sur la plage…

SAINT BREVIN LES PINS PLAGE

arrivée

__

Arrivé à St Brevin, le point final de la Loire à Vélo! C’était une super aventure, sportive et culturelle. Une pensée à mon pote Christophe, qui a du rentrer le samedi. Merci aux comités touristiques des régions Centre et Pays de la Loire pour leur confiance et leur appui.

Bilan de l’expérience Loire à vélo

Huit jours de vélo s’achèvent brusquement. Je suis super content de cette aventure ! Je n’aurais pas cru être autant dépaysé et découvrir tous ces lieux culturels uniques. Mon seul regret : ne pas avoir eu plus de temps pour visiter les autres endroits qui auraient mérité le détour. Mais je reviendrai !

(Re)Lire la partie 1 du récit : La Loire à Vélo – Acte 1, en région Centre !

N’hésitez pas si vous avez des questions sur mon expérience ! Vous l’aurez compris, je conseille à tous de prendre le chemin de la Loire à Vélo. Si vous avez d’autres idées de périple à deux roues en France ou ailleurs dans le Monde, je suis preneur !

fred et chris

A bientôt pour de nouvelles aventures…

  1. Whaou !!! C’est un beau récit, qui fait voyager tout en restant en France ! Même si tes mollets ont bien chauffés, il n’y a rien de mieux que le plaisir de l’arrivée et de cet océan, ces plages qui finalement n’attendaient que toi ! Merci pour ce partage de voyage et bonnes routes à venir, à vous 2 !

  2. Merci pour cet article et tous les conseils !!
    Je vais faire une partie de l’itinéraire à pied l’année prochaine, en m’arrêtant dans les campings. a bientôt

  3. Merci pour votre récit !
    Je pense toutefois que vous n’étiez pas au point niveau matériel… aucun des vélos n’était adapté au trajet ni au port de bagages !
    Je suis cycliste urbain à la base, avec un vélo que j’ai monté moi-même pour cet usage, qui se prête également fort bien au voyage à vélo. J’ai parcouru cet été l’EuroVélo 6 entre Belfort et Passau, soit 935 Km en 15 jours en cyclo-camping.
    Si je peux vous apporter quelques conseils pour un prochain voyage en matière de matériel :
    – un vélo révisé en parfait état de marche, avec des œillets de fixation pour garde-boues, porte-bagages arrière (et éventuellement avant), au moins 2 fixations pour porte-bidons !
    – des pneus de section de 32 à 35mm minimum pour le confort et à sculptures plutôt lisses (sans crampons) pour un bon rendement sur la route.
    – des développements suffisamment petits pour pouvoir franchir les côtes un peu raides avec le vélo chargé sans poser pied à terre (une transmission type VTT en 22×34 convient bien). Comme développement maximum j’avais du 44×13 qui s’est révélé largement suffisant (j’ai rarement utilisé le grand plateau, à vrai dire).
    – des garde-boues ! ce n’est pas très lourd et rend de grands services.
    – porte-bagages arrière pour y fixer une bonne paire de sacoches étanches, de qualité, d’environ 40 litres du genre Ortlieb ou Vaudé. On fixera les sacoches sur le côté du porte-bagages et la tente, duvet et matelas trouveront leur place sur le dessus du porte-bagages. Prévoir des sangles pour les fixations (pas de sandows ou tendeurs !)
    – pour un voyage au plus long cours, pourquoi pas un porte-bagages avant et des sacoches avant. Je voyage léger avec peu de vêtements (je fais la lessive au fur et à mesure) donc je n’en ai pas l’usage pour le moment.
    – 2 portes-bidons et 2 bidons minimum ! On boit beaucoup sur la route et avec un seul bidon on se retrouve à devoir s’arrêter très fréquemment.
    – réchaud, popote, quart et couverts, pour se préparer un bon repas chaud réconfortant le soir et du café !
    – on ne s’encombrera pas de beaucoup de nourriture pendant le voyage, on l’achète au fur et à mesure sur la route ! (prenez quand même quelques banaes, barres de céréales, miel et pain).
    – quelques outils de base (tournevis ,clés allen, clé anglaise, petite pompe haute pression et nécessaire de réparation de crevaison, éventuellement un dérive-chaîne avec quelques maillons de secours… idéalement une chambre à air neuve si vous avez la place).
    Voilà, j’espère que ce premier voyage vous a donné envie de continuer à voyager à vélo ! Mais partez un peu mieux préparés la prochaine fois ! (le coup du sac à dos qui devient vite insupportable est malheureusement un grand classique… le meilleur conseil à retenir serait celui du porte-bagages + sacoches).
    Au plaisir de vous croiser sur la route !
    Eric.

    1. Bonjour Eric,
      Merci pour tous ces conseils !
      Effectivement, notre matos n’était pas du tout au point. Cela dit on le savait bien ! Ce qui me plaît dans ce type de voyage (comme l’auto-stop par exemple) c’est de prouver que l’on peut tout entreprendre même sans moyens financiers ou matériel sophistiqué. Au final, on a fait 900km en 8 jours et tout s’est bien passé.
      Par contre, je vous avoue que si je refais un voyage à vélo je ne manquerais pas de suivre quelques uns de vos conseils ! Nous allons peut-être parcourir une partie de l’Amérique du Sud en vélo. Si ce projet aboutit votre expérience nous sera très utile.
      A bientôt !
      Fred

  4. Quel beau voyage, c’est une région avec un véritable patrimoine culturel et historique, pour ceux qui savent le découvrir. Et le vélo permet de découvrir de plus près les paysages, les bistrots et les gens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *