La Loire à Vélo – Acte 1, en région Centre !

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Envie d’une aventure qui combine nature, sport et découvertes culturelles ? Sur plus de 800km, à travers 2 régions et 6 départements, le trajet de la Loire à Vélo est l’occasion unique de (re)découvrir la France. Point d’orgue du voyage : 280km inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO à travers la vallée des Rois, ses châteaux et ses villes historiques.  On traverse des sites naturels préservés, on admire des couchers de soleil,  au rythme du vélo. Bonne nouvelle : pour une telle aventure, pas besoin d’un gros budget ni de beaucoup de préparation. Récit en deux actes de mon aventure d’une semaine, le long du dernier fleuve sauvage d’Europe !

Acte 1 : en région Centre !

Avec mon acolyte Christophe, début juin 2013, nous avons décidé de descendre la Loire depuis notre région natale (la Bourgogne) jusqu’à l’estuaire en Loire-Atlantique. C’est en évoquant des idées de voyage à budget réduit et avec une dose de sport que l’idée de la Loire à Vélo nous est venue. Comment être dépaysé dans son propre pays ? Qu’est-ce-qu’il nous reste à voir ? Comment voyager à moindre coût ? C’est en tentant de répondre à ces questions que l’idée de se déplacer à vélo nous est apparue comme une évidence. Quoi de mieux  pour apprécier les paysages et s’attirer la sympathie des locaux ? Cette aventure est un bon exemple de “tourisme alternatif” comme décrit dans cet article. Nous avons décidé de tenter l’aventure de la Loire à Vélo en faisant le pari que l’expérience serait riche en tout point. Verdict à la fin du récit ! 😉

Préparer son périple le long de la Loire

Rien de plus simple ! Le site web de la Loire à Vélo contient des informations très précises sur les hébergements, les visites culturelles, le trajet officiel… Il s’agit d’une marque déposée en 1998 par les Régions Centre et Pays de La Loire. La piste traverse ces deux régions et a été aménagée dans les deux sens. Sur plus de 800km, elle relie Cuffy (à hauteur de Nevers) à Saint-Brevin-les-Pins (en face de Saint-Nazaire). Un label a même été créé pour accueillir les cyclistes. Les prestataires labélisés offrent des services et équipements spécifiques aux visiteurs à deux roues.

L’application Loire à Vélo

Depuis le 1er mars, l’application mobile officielle de La Loire à Vélo est disponible en version iPhone et Android. Elle permet de visualiser, sur une carte, tous les points d’intérêts : sites culturels, restaurants, loueur de vélos, hébergements… L’application montre notre position exacte sur l’itinéraire, grâce à la balise GPS du téléphone. Nous pouvions alors connaître la distance qu’il reste à parcourir pour rejoindre un point d’intérêt. Très pratique lorsqu’on voyage à vélo !

L’avantage est d’avoir toutes les infos à portée de main (même sans connection 3G) et de ne pas s’encombrer de cartes et de brochures touristiques.

> Plus d’infos sur l’application gratuite La Loire à Vélo.

L’application Loire à Vélo en images

Finalement, la seule variable non maîtrisable est la météo… On en fera d’ailleurs les frais !

Une préparation sportive ? Je fais du sport environ trois fois par semaine mais très peu de vélo. Enfin, je vais parfois faire des courses en vélib’ … 😉 Disons que pour un sportif que je qualifierai de “moyen”, s’entraînant 2 à 3 fois par semaine, le trajet de la Loire à Vélo en une semaine est largement possible. Nous avons surtout pédalé le matin et on s’accordait une longue pause vers midi. Pendant le périple, il faut évidemment boire abondamment pour éviter les courbatures et manger suffisamment pour tenir le rythme.

S’équiper pour une semaine de bivouac

La règle d’or, pour toute aventure en bivouac, est de limiter au maximum le poids tout en ne manquant de rien. Bien sûr il ne s’agit que d’un exemple, la notion de “nécessaire” varie selon les individus et leur degré d’expérience. A vous d’adapter cette liste à vos besoins !

Notre équipement par ordre d’importance

  • un vélo : pas besoin du dernier cris. Nous avons tous les deux récupéré un vélo qui dormait dans des garages : Christophe a choisi le look vintage en ramenant à la vie un vélo de course des seventies tandis que j’ai hérité d’un VTT pneu cross, assez récent même si ce n’est pas vraiment adapté à de la route longue distance.
  • un sac-à-dos : 40 litres pour ne pas s’encombrer !
  • une tente ultra-légère 2 places : pratique et indispensable en cas de pluie !
  • sac de couchage, matelas gonflable et coussin : pour de bonnes nuits de sommeil après des journées de 130km…
  • trousse de toilette et médicaments classiques
  • popote : réchaud, quart en métal, cuillère et couteau
  • lampe frontale
  • vêtements : K-way, pantalon-short, 2 tee-shirts, sous-vêtements et polaire léger
  • serviette légère en micro-fibre
  • smartphone pour se repérer grâce à l’application Loire à Vélo
  • appareil photo reflex
  • quelques provisions : café, riz, sauce, et barres céréales (bien que vous trouverez de nombreux commerces)

Avec tout ce matériel, mon sac-à-dos ne dépassait pas les 10kg. A l’acte 2, je reviendrai sur cette liste de matériel en spécifiant ce qui nous a manqué ou au contraire ce qui a été en trop. Restez connectés 😉

Nos montures !

Style vintage 70’s pour Christophe et VTT cross hors-sujet pour moi !

Premier objectif : rejoindre le départ du trajet Loire à Vélo > 110 km

Oui, j’ai oublié de préciser. Nous avons commencé l’aventure à Paray-le-Monial, la “ville” où j’ai eu la chance de grandir. Nous sommes en Bourgogne du Sud, département Saône-et-Loire. Dimanche après-midi, j’arrive en train de Paris et viens de récupérer ma monture. Google Map m’apprend que plus de 100km nous séparent du kilomètre 0 du trajet officiel de la Loire à Vélo. J’aurais juré qu’il n’y avait que 50 km… Pas grave !

Le réveil nous arrache du lit à 7h du matin, prêt à en découdre ! Direction Nevers ! Nous longeons successivement le canal et la Loire sur plus de 50km. La piste est plate, goudronnée et assez éloignée de la route. Sur la deuxième moitié du trajet, le trajet de l’Eurovélo 6 emprunte des routes départementales assez fréquentées et très souvent abruptes. Cette portion a été assez désagréable. Les voitures et camions nous frôlent et il y a peu d’alternatives pour éviter les grandes routes.

Entre Nevers et Sully-sur-Loire : le bain de nature

En fin d’après-midi, nous arrivons près du kilomètre 0 de la Loire à Vélo. Enfin ! Nous pédalons maintenant sur une piste cyclable plate. C’est sans doute pour cette raison que nous pédalons 130km par jour les trois premiers jours. Les paysages sont bucoliques dès le début du parcours. Nous bivouaquons la première nuit près du bec d’Allier. A cet endroit, l’Allier se jette dans la Loire dans un panorama assez exceptionnel. On a l’impression d’être littéralement  coupés de la civilisation ! Dès le matin, nous croisons hérons, lièvres, écureuils…

Aux alentours, quelques villages bordent la Loire.

Notre première nuit sous la tente !

Le camping sauvage est théoriquement interdit, sauf si vous avez l’autorisation d’un propriétaire. Pendant tout notre périple, nous avons choisi des coins isolés, en prenant soin de respecter la flore et la faune sauvages.

Le lendemain, nous sommes assez étonnés de ne pas avoir de courbatures. Seul le mal aux fesses nous rappelle que l’on a fait 130 km la veille… Dès 8h nous filons déjà en direction d’Orléans !

Le château de  Sully-sur-Loire

Nous marquons une pause ici pour contempler le château de Sully-sur-Loire, véritable forteresse construit à la fin du XIVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans. Le premier château d’une longue série sur le chemin de la Loire à Vélo !

Deuxième nuit en pleine nature ! Nous avons encore parcouru 130km ! 

Les quelques kilomètres qui nous séparent d’Orléans offrent encore un lot de paysages somptueux. Après avoir fait escale au centre ville pour profiter d’un bon restaurant, nous nous éloignons de l’agglomération pour établir notre bivouac en bordure d’un champ de blé.

Le lendemain, nous mettons le cap sur le château de Chambord ! Malheureusement, la météo n’est pas de notre côté… Nous pédalons sous une pluie battante pendant une trentaine de kilomètre.

Arrivée sur l’allée qui mène au château de Chambord. Trempé mais toujours avec le sourire ! (PS: oui, le short de bain est de circonstance).

Le Château de Chambord : insolite !

Le domaine de Chambord est gigantesque. Il est constitué d’un château, d’un village, de fermes et d’un territoire boisé de près de 5440ha. Pour vous donner une idée, cette superficie équivaut à celle de Paris intra muros ! Dès 1519, François 1er fit édifier Chambord sur les ruines d’un ancien château fort. Par son architecture et sa décoration, le château de Chambord frise le délire mégalo à plus d’un égard. La preuve en trois exemples :

  • Les terrasses : au sommet du château on y trouve lanternes, pignons, lucarnes, chapiteaux, flèches et près de 300 cheminées !
  • L’escalier à double révolution où personne ne se croise : construit par Léonard de Vinci, il se compose de deux vis imbriquées l’une dans l’autre si bien qu’une personne peut descendre et une autre monter sans  se croiser !
  • La décoration : de nombreuses salles du château sont ornées de peintures originales, animaux empaillés recouverts d’or et inscriptions assez curieuses.

Au final, Chambord apparaît comme une ingénieuse folie qui mérite largement le détour. Tout au long de l’année, une programmation culturelle anime le château et ses abords. Vous trouverez toutes les informations ici.

Fin de la visite : nous avons encore plus de 50 kilomètres à parcourir… sous la pluie !

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Blois : une pause s’impose

Comment résister à une escale à Blois, son histoire, son château, ses ruelles ? En vérité c’est plutôt la pluie qui nous a contraint à faire escale à Blois… Après l’escapade pluvieuse dans le domaine de Chambord, nous sommes littéralement trempés jusqu’à l’os.

Nos affaires n’ont malheureusement pas eu le temps de sécher. On a donc préféré passer une nuit en auberge de jeunesse. Finalement, on ne regrettera pas notre choix. En soirée, les rues piétonnes s’animent, les quelques terrasses de pubs nous ont attirées vers elles comme un aimant. Nous passons une nuit au chaud, les batteries rechargées au maximum.

Coup de coeur pour le château de Chaumont-sur-Loire

Petite surprise au réveil : mon vélo est crevé… Sous les conseils (et les rires) de mon acolyte, je parviens à le réparer. Plus de dix ans que je n’avais pas touché une roue…

En route vers le château de Chaumont-sur-Loire ! Cette journée sera assez tranquille sur le plan sportif puisque nous n’avons parcouru à peine 80 kilomètres. Au coeur de la “vallée des rois”, nous prenons maintenant le temps de visiter.

Le domaine surplombe la Loire. Il réunit le château (XVe –XIXe s.) et un immense parc paysager conçu par Henri Duchêne. A la vue de ce château, on est directement transporté dans l’imaginaire de notre enfance. On pourrait se croire dans un conte de fées, en plein moyen-âge, avec son pont-levis, ses tours et ses jardins.

Si le château de Chaumont mérite vraiment le détour, avec ses cuisines, son armurerie, ses salles, c’est surtout à son parc qu’il doit sa renommée  Chaque année, d’avril à octobre, se déroule le Festival International des Jardins, événement unique au monde où « s’affrontent », sur une trentaine de parcelles, des artistes et paysagistes du monde entier.

A travers une grande partie du Domaine de Chaumont-sur-Loire, on se promène librement dans les créations paysagères en lien, cette année, avec le thème “Jardins des sensations”.

Les somptueuses écuries du château de Chaumont abritent maintenant des expositions d’art contemporain. Construites au XIXe siècle, elles sont restées longtemps les plus luxueuses d’Europe. Elles étaient alors un symbole de l’aristocratie de l’époque.

 

Vue sur la Loire depuis le château de Chaumont

Jeudi soir, nous sommes déjà au kilomètre 600. Je commence à comprendre pourquoi la Loire, longue de plus de 1000km, est qualifiée d’indomptable. Chaque habitant a son histoire à raconter. Le fleuve en est très souvent le personnage principal. Ses crues, ses éxcès, ont marqué les esprits. En 1856, une crue a causé la mort d’une trentaine de personne et submergé les villes de Blois et Tours. Sur ses rives, on trouve encore des embarcations en bois, vestiges d’une époque révolue où tout allait plus lentement. Descendre la Loire, c’est plonger dans l’histoire de France et dans le quotidien des communautés qui peuplent ses rives.

Nous poursuivons notre route vers l’océan avec une escale à Tours, avant de rejoindre la région Pays de la Loire dès le lendemain. Nous bivouaquons près de la Loire, dévorés par les moustiques ! Christophe aura alors cette phrase philosophique : “Mais en fait, à quoi servent les moustiques franchement ? “

A l’acte 2 du récit, nous passerons à travers d’autres paysages naturels et découvertes culturelles. Au programme, les vignobles d’Anjou, une île, des escapades insolites, un château souterrain… Je vous raconterai aussi comment j’ai passé la pire nuit de ma vie, au milieu d’un orage. Restez connectés ! 😉

  1. on s’évade en regardant ces photos c’est super cette belle aventure félicitation continuez pour pouvoir voyager avec vous avec les photos et les textes bravo a vous 2

  2. J’adore surtout qu’avec Tony (mon homme est accessoirement le dessinateur de travelplugin 😉 ) nous partons sur la route en vélo également mais nous faisons Paris – Romorantin, ce ne sont que 300 petits kilomètres mais je pense qu’on va kiffer. Je fais du sport 3 fois par semaine et je me considère comme une vraie sportive ! lol
    Je souhaite acheté des pochettes (petites genre 25 L) pour le vélo tu me recommanderais lesquelles ?

    1. Génial ! Vous allez traverser la Loire en plus !
      Je ne peux malheureusement pas te conseiller de pochettes. Je n’y connais pas grand chose et je pense que ce n’est vraiment pas indispensable. On a choisit d’accrocher nos sacs avec des tendeurs au porte-bagage. C’est pratique car lorsque tu laisses le vélo pour visiter ou te promener à pied, tu détaches rapidement ton sac sans être encombré de sacoches.
      Vous partez quand ?

  3. Pas bête cette histoire de sac accroché avec des tendeurs. Tu utilises ton gros sac de voyage, style de 45L ? Car on vient d’en acheter des neufs pour notre dernier voyage en Asie.
    Nous partons autour du 1er septembre pour y rester quelques jours puis nous rentrons en train par manque de temps.

  4. hello Fred ,

    c’est avec grand intérêt que je parcours ton aventure ! les raisons en sont les suivantes : parcourir la France en vélo est un super challenge personnel …et familial dans mon cas !nous sommes partis l’année dernière,mon mari et moi avec nos 2 enfants (8ans et 11 ans ) pour joindre Dreux a St Malo… un peu plus de 700 km de route (aller-retour) en 2 semaines mais avec 1 semaine de repos entre les 2 ! quelle expérience !!!!!! je comprends donc fortement la tienne ….mais vois-tu ,nos enfants en redemandent!!! donc nous pensions a des voies un peu plus planes que l’Orne et la basse Normandie alors le canal du midi ,nous
    branchait bien et les bords de Loire également …..
    alors, si nous options pour la loire pourrais-tu nous dire les 300/400 km que tu as le plus appréciés afin que nous puissions nous caler sur ta propre expérience ,svp??
    je t’en remercie par avance et j’espère que cela te donnera l’envie de partir pour un nouveau périple a vélo;-)

    A+

    1. Salut Gautier,
      Génial d’avoir partagé cette expérience avec des enfants !!
      Dès que je serai de retour en France j’en profiterai aussi pour découvrir d’autres régions depuis la selle.
      Si tu as 300/400km à choisir, je te conseillerai les 280km inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO à travers la vallée des Rois, et puis environ 50km avant et après. C’est le parcours classique mais certains châteaux sont vraiment immanquables ! C’est pour moi le meilleur choix au niveau patrimoine, nature et escales gourmandes !
      A bientôt et n’hésite pas à partager ensuite ton expérience.

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