9 instantanés // Dans le train au Mozambique

Apologie de la fuite des paysages en 9 photos

Le matin à 8h, nous sommes déjà une cinquantaine à faire la queue devant le modeste guichet de la gare de Nampula. La veille, un vieillard m’a appris qu’un train part, un jour sur deux, vers Cuamba. Moyennant une somme dérisoire (170 Mt = 4 euros) et surtout un peu de temps devant soi (9h de trajet), nous évitons les routes chaotiques du nord du Mozambique.

Lendemain, 5h du matin. Deux files se forment devant les grilles qui mènent aux rails. D’un côté, les hommes débattent avec légèreté du temps qu’il fera. De l’autre, les femmes transportent tous les bagages avec la progéniture accrochée dans le dos.

Le train est déjà là. Il en impose. Il gronde comme un vieux grincheux fatigué de vivre. A 6h pile, nous partons.

Fanny me sort du demi-sommeil : « Regarde les montagnes ! »

Vision furtive de pics de granite, pris en flagrant délit en train de chatouiller le ciel. J’ai eu tout juste le temps de déclencher. Ils ont disparu. Ils appartiennent au passé.

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« Voyager en chemin de fer ne fatigue pas ; c’est un plaisir, un agrément… on se sent rouler avec une douceur inconcevable, ou plutôt on ne se sent pas rouler. On voit fuir devant soi les arbres, les maisons, les villages… tout cela passe ! passe… bien plus vite que dans une lanterne magique… tout cela est véritable, vous n’êtes point le jouet de l’optique !… Le chemin de fer est la véritable lanterne magique de la nature. Paul de Kock

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Les montagnes sont coiffées de nuages.

Rassurez-vous, on ne manque de rien pendant un trajet en train au Mozambique. A chaque arrêt dans les villages, une horde de vendeurs ambulants défilent devant les fenêtres.

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Un trajet en train n’est jamais parfait alors aucune raison que je n’ajoute pas une photo ratée dans cet album. Je voulais fixer sur le regard de cette femme mais je n’obtiendrai qu’une triplette de postérieurs.

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« La vie est comme un train. Vous prévoyez des retards de temps en temps, mais pas un déraillement. » Willie Stargell

Un arrêt se prolonge un peu plus que les autres.

Quatre longues heures défilent sans que personne ne se plaigne. J’avoue avoir regardé ma montre à plusieurs reprises. « Qu’est-ce-qui s’est passé ? »,  demande-t-on furtivement au personnel de bord. «Je pense que l’on va dormir ici…», entend-on de-ci de-là.

Ce glouton de train grignote nos heures dans l’indifférence générale.

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Douces retrouvailles avec le pain.

Le voyage se transforme en un festival de saveurs.

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Ce petit pourrait très bien être garagiste.

J’en voulais presque au train de m’avoir fait attendre. Mais comme dirait un certain Victor :

« Je suis réconcilié avec le chemin de fer ; c’est décidément très beau. » Victor Hugo.

Je me tourne vers la fenêtre et aperçois, une dernière fois, ces étranges pics de granite. Ils semblent surgir d’un monde fantastique.

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Les pics de granites sont caractéristiques de la région de Niassa, au Mozambique.

 

Nous avons donc mis 16h pour rejoindre Cuamba depuis Nampula, soit 7h de retard.

La nuit est tombée il y a déjà quelques heures. Nous arrivons au moment où les gares revêtent leur masque terrifiant.

 

  1. magnifique photos mon Fred! ça me fait pensée à une émission qu’il y avait à la télé sur France 5 ou Arte, je ne sais plus, sur les voyages en train.

    “ou les gares revetent leur masques terrifiant” pourquoi?

    Merci pour ce voyages mes loulous!

    des bisoux!

    Taty Nat

  2. Bien cool quand même cet article… j’étais passé a coté.. On sort tout juste d’une ride de train a travers Rangoon et ses banlieues, c’est dans le ton..

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