Découvrir l’East End [Londres]

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Pauvreté, surpopulation, maladie et criminalité : voilà ce qui caractérisait l’Est de Londres au XVIIIe et début du XIXe siècle. Aujourd’hui, ce quartier connait un renouveau culturel et commercial. Il attire de plus en plus une jeunesse cosmopolite en quête de loyers moins chers, d’espace et d’effervescence. Découvrez l’East End d’hier et d’aujourd’hui.

Une envie d’ailleurs

Nous sommes à mi-janvier, les fêtes sont passées, le froid s’intensifie et la capitale reprend son rythme effréné. Rien de bien excitant à l’horizon… Autrement dit, il est temps de quitter Paris!  C’est décidé, je pars à la recherche d’une destination européenne, au moins pour quelques jours, histoire de combler ma soif d’aventure. Budget limité oblige, j’improvise une recherche web nocturne et laisse la lourde tâche aux moteurs de recherche de décider où j’irai. Priorité à l’Europe de l’Est que je connais très peu, mais le hasard en a décidé autrement. Je tombe sur un billet aller-retour en bus pour seulement 17 euros! Immanquable. Plus d’hésitation, Londres m’accueillera pour 5 jours et tant pis pour mon dos et mon arrière-train.

A l’Est tout de nouveau. J’ai visité plusieurs fois la capitale britannique mais à chaque fois en coup-de-vent.  Et pourtant il y a de quoi faire ! Londres est comme une somme de villages à l’identité propre et reste l’unique “ville mondiale” en Europe. Cette fois-ci, je délaisserai les quartiers touristiques traditionnels bien qu’ils valent largement le détour. En discutant avec des amis et en visitant quelques blogs, j’ai compris que “c’est à l’Est que ça se passe”.

Un passé sombre

L’East End doit son nom à sa situation géographique et sa réputation. Les limites exactes n’ont jamais été clairement définies. A l’origine, les londoniens l’ont utilisé pour nommer péjorativement les villages situés à l’extérieur des murailles médiévales de la City of London (le cœur historique de Londres). Depuis toujours, il a été le point d’arrivée de plusieurs vagues d’immigrations : huguenots (protestants français), irlandais, juifs ashkénazes et depuis la moitié du XXe siècle bangladais, pakistanais, indiens… L’East End  a toujours été un quartier très défavorisé où la peste et le choléra y sévissaient comme nul-part ailleurs. Jack London le qualifiait d’ abattoir social dans son livre Le peuple d’en bas. En 1902, il enquêta déguisé en clochard au cœur de la misère, l’alcoolisme, le froid, la violence policière, et l’errance. Trente-cinq mille londoniens dormaient dans les rues à cette époque. L’expression « porter la bannière » naîtra à cette période, pour qualifier la masse de sans-abris qui marchaient toute la nuit. Comme pour confirmer le mauvais sort du quartier, il fut l’un des plus durement touché pendant la guerre 39-45. Vous vous demandez peut être quel est historiquement, la personnalité la plus connue ? Et bien c’est certainement un dénommé Jack l’éventreur, qui a fait ses preuves dans l’art d’arracher des têtes dans le quartier de Whitechapel. Vous l’aurez compris, l’East End revient de loin…

L’East End aujourd’hui

En quelques jours, j’ai arpenté non-stop les rues du quartier à la recherche de bons plans. Je propose ici quelques endroits plus ou moins connus. Bien sur, l’idée n’est pas d’être exhaustif mais plutôt de donner quelques bonnes adresses à ceux qui prévoient une virée là-bas et surtout de donner envie à d’autres d’aller chercher le dépaysement, tout près de chez nous ! Globalement, l’activité est concentrée au sud de Hackney, à Shoreditch, Withechapel, Aldgate et Spitafields.

Une galerie à ciel ouvert. Le Street Art est présent partout dans l’East End. Les œuvres étant éphémères, on peut constamment se promener au hasard des rues pour trouver les nouveautés. Un vrai jeu de piste ! Banksy a été l’un des premiers à prendre le quartier comme terrain de jeu.  Ses œuvres sont aujourd’hui mises sous verre… On trouve aussi les grands noms d’hier et d’aujourd’hui : Shepard Fairey, Space Invaders, Broken Fingaz, Jimmy C, etc… J’y reviendrai dans quelques jours en partageant un trajet complet avec photos et explications. Restez connectés !

Brick Lane: vintage & curry à volonté

Brick Lane est l’artère la plus connue du quartier. Elle fut pendant très longtemps le point de regroupement principal des immigrés et en particulier des minorités asiatiques. Vous remarquerez que certains noms de rues sont traduits en bengali ! Aujourd’hui, elle représente à elle seule l’effervescence qui caractérise l’East End : pubs, restaurants, boutiques branchées, disquaires indés et librairies alternatives. Brick Lane est un terrain de jeu privilégié des street artists. A chaque recoin, on trouve pochoirs, fresques, tags, collages… La mode est au rétro dans tous les magasins qui occupent l’avenue. On mange du vintage à toutes les sauces : meubles, fringues, chaussures en cuirs… jusqu’à l’overdose. Même si j’ai apprécié fouiner dans les boutiques vieillies, on se rend vite compte qu’elles se ressemblent assez et que certains prix sont vraiment prohibitifs. Les ruelles qui entourent Brick Lane sont moins chères et cachent pas mal de surprises.

Le dimanche est le meilleur jour pour découvrir Brick Lane. Beaucoup de londoniens viennent profiter des magasins ouverts et des nombreux marchés. Des allées perpendiculaires donnent accès à des stands couverts, plus ou moins dissimulés. Certains vous embarquent pour un véritable tour du monde des saveurs ! Je n’ai personnellement jamais vu autant de nourriture du Monde au même endroit ! Bonne nouvelle, on peut goûter à quasiment tous les stands ! Je quitte le marché avec en bouche : l’Argentine, l’Erythrée, l’Inde, la Pologne… Plus que les produits du marché, c’est sûrement pour l’ambiance que l’on vient chercher ici. Pubs et restaurants se remplissent, la musique s’échappe des fenêtres, les street artists s’activent à repeindre un mur, les bangladais se donnent du mal pour te pousser dans leurs échoppes de curry… Bref, un joyeux bordel sans cesse en mouvement !

Les marchés à voir : Backyard market, The Old Spitafields market, Brick Lane Market.

Idées de visites insolites à Londres

En vagabondant au hasard des rues de l’East End, je suis tombé sur des endroits assez surprenants. La ferme de Spitafields en fait partie.

Tu veux du Bio encore plus Bio que celui des superettes hype de Shoreditch ? Alors vient faire un tour à la ferme de Spitafields ! Coincée entre des friches industrielles, la voie ferrée et un quartier résidentiel décrépi, la ferme a pour mission de produire des aliments et de créer du lien social au sein du quartier. A mon arrivée, une joyeuse bande se fait cuire des saucisses sur une grille et d’autres viennent m’accueillir pour m’expliquer et me faire visiter leur ferme. L’ambiance est très cool et le dépaysement garanti !

En plus, tu peux sponsoriser à l’année un cochon ou une poule ! Elle est pas belle la vie?

Spitafields City Farm, Buxton St  London

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Le Red Market est le premier marché street food de Shoreditch. Des rassemblements festifs de gourmands y sont souvent organisés sous le nom de #EatMeUp. Ils rassemblent des producteurs locaux et des centaines de curieux. Le plus de ce marché est qu’il permet de contempler l’énorme bâtiment envahi de graffiti.

Un terrain en friche. D’abord découvert par hasard, je suis ensuite retourné intentionnellement dans cet endroit. A trois reprises, j’ai pu y rencontrer des graffers et des groupes de rock en pleine action, à l’image de se rocker old-school en tournage de clip. Pour la trouver, aller au bout de Pedley Street, tout près des rails. Je suis prêt à parier qu’il s’y passe beaucoup de choses en été…

un rocker a londres

Manger et sortir dans l’East End

L’immanquable Beigel Bake. Ouverte 24h/24, c’est une véritable institution à Brick Lane. Le plus vieux “bagel shop” de Londres produirait plus de 7000 petits pains ronds par jour! On y fait la queue de jour comme de nuit pour venir déguster au comptoir ou pour en emporter. J’ai pu manger plusieurs fois pour moins de £4 en alternant les saveurs : saumon, fromage, viande de bœuf grillé. Verdict : le hot salt beef est un must!

Beigel Bake, 159 Brick Lane

Si vous recherchez désespérément le traditionnel Fish and Chips dans ce quartier international, pas de panique, il y a ce qu’il faut! Le poisson, frais et de qualité, est servi par des serveuses en tenue traditionnelle dans un cadre typiquement british. Assez cliché mais c’est tout ce qu’on attend d’un Fish & Chips nen ?! Il a été plusieurs fois cité et récompensé par Times Out London et les nombreux londoniens croisés là-bas attestent de sa qualité. Très actifs sur le net, ils ont même un compte Twiter (!). C’est pour dire…

Poppies Fish and Chips, 6-8 Handbury Street, London

 

 

Un très bon endroit pour manger et écouter de la musque live à Shoreditch: Le Bedroom Bar. La programmation est éclectique: rock, salsa, electro, soul… Une bonne adresse pour manger devant un Live, en début de soirée, mais certainement pas pour prolonger la nuit. L’ambiance tombe assez vite après le repas.

Bedroom Bar, 68 Rivington Street, London EC2A 3AY

Une pinte au Ten Bells. Ce pub historique  est connu pour être celui dans lequel Jack L’éventreur repérait ses victimes avant de les faire rétrécir. Hormis la légende, rien ne le distingue vraiment des autres pubs mais s’il fallait en choisir un…

Ten Bells, 84 Commercial Street, London

Est-ce que j’ai besoin d’ajouter le Cargo ? Trop tard c’est fait… Au cœur de Shoreditch, . Je n’ai pas eu le temps d’y mettre les pieds. Je signale pour clubbeurs ;). C’est, parait-il, un night-club abordable et spacieux. On y diffuse de la musique indé et on dévore des hamburgers géants en terrasse.   Vous pouvez y admirer une œuvre très connue de Banksy, aujourd’hui mise sous verre pour la protéger des vandales. Un comble…

Pour info, l’activité nocturne est concentrée dans ce que les locaux appellent “Shoreditch Island”. Délimités par trois rues, la zone nocturne forme un triangle sur la carte. Elle regorge de pubs musicaux et restaurants. Les prix sont assez abordables, comparés avec Paris où la pinte concurrence presque l’once d’or…

Ce schéma est très laid mais il te sera utile.

Où dormir pour visiter l’ East End ?

La meilleure manière de loger pas cher à Londres est très certainement de passer par Couchsurfing. Mais problème, je n’ai pas de profil à jour et les touristes étant très nombreux tout au long année à Londres, il est difficile de trouver un hôte. J’opte pour la location d’une chambre chez l’habitant, bon compromis entre prix et confort. Mike m’accueille dans un appartement spacieux et confortable tout près du métro Hoxton. Le quartier avait, il y a encore peu de temps, une très mauvaise réputation. Les prix sont donc encore assez bas si l’on s’éloigne un peu de Brick Lane. Comptez environ £ 20 la nuit par personne (environ 17 euros). N’hésitez pas à me contacter si vous voulez les coordonnées de Mike !

Pour la suite du séjour, j’ai choisi une Auberge de jeunesse très bien placée. The Dictionary Hostel est ouverte depuis un peu plus de six mois. L’entrée, discrète, mène à quelques dortoirs refaient à neuf avec une déco assez sympa. Ne comptez pas dormir au calme, la proximité des chambres avec la Kingsland Road en fait un endroit très bruyant la fin de semaine. A partir de 18 euros en dortoir de douze places. Petit plus: le ptit dej avec des bagels tout frais !

The Dictionary Hostel, 10-20 Kingsland Road, London

Vous l’aurez compris, il y a beaucoup de choses à voir dans l’ Est londonien. Un quartier plein de surprises qui nécessiterait bien plus que cinq jours intensifs pour le découvrir. Il me rappelle certains quartiers de Brooklyn avec le même esprit créatif. Un chose est sûr, j’y retournerai. Et peut être même très vite.

Vous pouvez consulter mon trajet à travers l’Est londonien. Au programme : vintage, graffiti, marchés, surprises, vidéos improbables, sons curieux…

                                        Cliquez sur l’image >>>

Si vous avez des remarques ou d’autres bons plans à partager, la parole est à vous !

  1. Bonjour,
    Je reviens justement d’un voyage à Londres où j’ai passé qu’une petite journée dans ce quartier populaire qui est très surprenant et magique où j’ai adoré y flâner, on ne peut que tomber amoureux de ce coin de Londres où je retournerai aussi c’est certain !!
    Mes félicitations pour le blog et l’article que j’ai aimé lire et qui m’a permis d’en apprendre un peu plus sur ce si beau quartier.
    Didier

  2. Bonjour, j’ai passer quelque jours dans ce quartier j’ai adorer i sejourner c’est un quartier très agréable on peut que aimer.
    Merci pour ce blog qui ma beaucoup aider a trouver des coins sympas ou dormir et ou mangez.

    MERCIIII !!!!!!!

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