Brève N°80 – Le goût du retour

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Depuis une quinzaine de jours, nous sommes de retour en France. C’était prévu depuis quelques mois mais nous avons conservé le secret dans le but de surprendre. Après le temps des surprises, peu à peu, nous réapprenons à vivre chez nous.

Dès notre retour à Paris, nous rendons visite à nos plus fidèles compagnons de voyage : les enfants hospitalisés avec lesquels nous correspondons depuis deux ans, grâce à l’association « L’enfant @ l’hôpital ». Les enfants, les stagiaires et le personnel des établissements ont une telle force et une telle joie de vivre qu’ils donnent de l’énergie pour les deux prochaines années. En seulement trois jours, le blues du voyageur de retour est balayé d’un seul coup.

Nous allons ensuite surprendre nos proches là où ils sont : à Paris, en Vendée, en Saône et Loire, en Allier, en Alsace… A chaque fois, le bonheur est au rendez-vous.

Le dépaysement dans son propre pays

Entendre la langue française partout autour de nous nous donne l’impression d’être entourés d’amis. Nous retrouvons avec grand plaisir le « bonjour » de la boulangère et la fraîcheur des nuits. Nous n’aurions pas cru que notre premier restaurant serait indien et que le premier coup de soleil serait attrapé à …. Paray le Monial. Bien qu’ayant fantasmé sur la gastronomie française pendant deux ans, il nous est impossible d’en profiter.

Sur les murs et les visages, nous projetons un regard nouveau, comme deux étrangers.

Plus que le climat où la propreté des rues, c’est le rapport au temps qui fait de notre retour un profond dépaysement. Le temps présent est sur le banc de touche. Il n’existe plus. Au pays des ongles rongés et des préoccupations climatologiques, le futur est une obsession. On abrège les conversations, on se cache derrière des projets comme pour fuir l’intensité du silence. Il faut meubler son chez-soi comme on meuble une rencontre : au débordement. Nous percevons une foule d’individualités, prise dans un mouvement de balancier global, bercée par la peur du lendemain.

Et pourtant, nous aussi, nous suivons le mouvement. Montre au poignet, téléphone portable… on se retrouve vite coincés dans d’horribles jeans.

L’échelle des problèmes

Hier, on nous parlait de survie, de dictateur, de presse muselée, de malnutrition… Aujourd’hui, avec une plus grande détresse, on nous parle d’un président trop gros, d’un métro en retard ou de kilos superflus. Mais, avouons-le, ce mécanisme de remise en question permanente, propre au peuple français, nous manquait.

Deux ans à digérer

Je tiens dans les mains, pour la dernière fois, le carnet sur lequel j’ai noirci tant de pages. Sur les hauteurs du hameau des sables, à l’heure où le ciel se fracture de lignes rouges, deux ans défilent à toute vitesse. Je vogue de Mumbaï à Bangkok, de Lima à Buenos Aires et de Cape Town à Dar Es Salaam. Deux ans porté par l’amour de l’inattendu. Je ferme mon carnet de bord après y avoir inscrit un point final.

  1. Quelle surprise de constater votre retour en FRANCE depuis 15 jours !!!! Profitez des mois de juillet et août pour vous approprier de nouveau nos petits tracas quotidiens qui doivent vous paraître d’une banalité !!!!
    A bientôt.

    Marie Annick

    1. Bonjour Marie Annick,
      Merci ! Pour l’instant nous apprécions le retour, même si l’on se pose beaucoup de questions.
      A bientôt

  2. Welcome back les FF !!!
    C’était bien chouet de suivre votre vadrouille et de continuer à “balader” via vos jolis breves!!! 🙂
    Au plaisir de vous recroiser en terre française!!
    Des bises
    Sandra

  3. Oui Fred et Fanny la surprise fut grande, je n’oublierai jamais!!!
    je suis tellement heureuse de votre arrivée et de vous voir en bonne santé.

    Welcomes to Paris!

    1. Merci François !
      Sacha Guitry disait : “En somme, je m’aperçois que les voyages ça sert surtout à embêter les autres une fois qu’on est revenu!” 😉

  4. Félicitations pour votre voyage, nous vous avons suivi sur votre blog au cours des 2 ans et nous sommes impressionnés par tout ce que vous avez vu. Alors à bientot sur Paray et en fin d’année avec Christophe. Amicalement.

  5. Quelle belle surprise de vs savoir rentrés et surtt, je ne me suis pas aperçue que ça faisait déjà 2 ans que vous aviez entamé ce beau périple!!
    J’imagine quels magnifiques souvenirs (ou pas…parfois???) et images vous allez garder de cette fabuleuse expérience.
    Bon retour parmi les frog et profitez bien , je pense que tout maintenant à une saveur différente… bises à vous

    1. Salut Camille,
      Merci pour ton message. J’aime bien ton expression “je pense que tout maintenant à une saveur différente”, c’est exactement ça ! Même les choses les plus simples (comme ouvrir un robinet d’eau courante potable) ont une saveur particulière après un long voyage. Avec le recul et un peu plus de confort pour écrire, on pourra alors partager nos souvenirs, y compris les mauvaises expériences.
      A bientôt

  6. Le temps du lycée me parait bien loin !! Mais oui effectivement c’est très loin ….. Vous avez parcouru un tel chemin !! c’est juste énorme !! Je n’ai pas pris le temps (ça doit être un truc typiquement français ça aussi !) de vous suivre alors j’ai de la lecture et votre aventure à découvrir en détails !! Au plaisir de vous recroiser un jour !!
    Tout le monde peut venir à cette soirée diapo ???? 🙂
    Bises à vous 2,
    Amélie Mauguin !!!!!!!!!

    1. Salut Amélie, c’est un plaisir d’avoir de tes nouvelles ! Je repense souvent au lycée, le bon temps de l’insouciance 😉
      Tu as de la lecture effectivement, presque 150 articles !! Au boulot !
      On a encore beaucoup de choses à raconter et de photos à partager. Il est possible que l’on organise un évènement/rencontre pour partager notre voyage mais rien n’est encore sûr.
      A bientôt !
      Fred et Fanny

  7. bonjour a tous les deux,
    Ma plus grande question est : face à la difficulté de vivre le quotidien dans certains pays où la survie est la préoccupation principale, comment regardez vous les petits tracas du quotidien des français. Ne sommes nous pas des enfants gâtés?

    1. Bonjour Christine,
      Vaste question ! C’est vrai que les petits tracas du quotidien nous paraissent dérisoires, de retour en France. Ce sentiment revient assez souvent depuis notre retour. On essaie alors de l’interpréter.
      De manière générale, je ne pense pas que ce soit spécifique à un pays ou une culture. C’est plus une question de mode de vie. On a observé le même phénomène dans les grandes villes modernes en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Dès que les besoins primaires sont comblés (manger, dormir en sécurité, s’habiller…) les Hommes ont tendance à “chercher” de nouveaux problèmes.
      En ce qui nous concerne, on a encore plus de recul sur les évènements de la vie. La difficulté c’est d’avoir du recul sans pour autant se désintéresser de tout. L’équilibre n’est pas si facile à trouver !
      A bientôt.

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