Brève N°78 – A Livingstonia après un mois de marche

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Sur les rives du lac malawi, il n’y a pas que nos capacités physiques qui sont sollicitées. Il faut aussi s’adapter sans cesse aux changements d’environnement et de langues. Ainsi, en 450km nous apprenons des rudiments de chichewa, de chitonga et de chitumbuka. Ici, l’Homme ne décide de rien, les modes de vie et les croyances sont directement façonnés par l’ardeur du climat ou l’âpreté de la géographie. Une fois encore, nous sommes subjugués par l’incroyable diversité des peuples et des paysages du continent africain.

Le jour le plus long

A mesure que s’éloignent les villages et les minuscules ports de pêche, nous pénétrons dans un nouveau monde. Chaque parcelle du décor suinte, glisse, ruissèle. Nous parcourons une jungle où les fourmis ont la taille des scarabées et d’où les cris de singes s’échappent. Plusieurs fois, il faut nous aider de nos mains pour progresser dans les sentiers caillouteux laissés à l’abandon.

Nous rencontrons un obstacle qui s’avèrera le premier d’une longue série. Nous restons figés devant ce tronc étroit, seul moyen de traverser cette rivière. Pieds nus, portant sur la tête un gros paquet emballé dans un tissu multicolore et dans le dos un enfant à moitié endormi, une femme traverse le pont de fortune. Nous éclatons de rire. Elle se pose beaucoup moins de questions que nous !

Ainsi, nous traversons d’innombrables rivières, si isolées et obscures qu’elles n’ont même pas de nom. Lorsqu’il n’y a pas de pont, il faut alors ôter nos chaussures et porter un à un nos sacs vers l’autre rive.

Au bord d’une rivière, nous remarquons des milliers de paillettes dorées. Est-ce de l’or ? Nos sens se jouent-ils de nous ?

Chaque soir, comme depuis nos premiers pas, nous rejoignons une cour d’école pour y planter notre tente ou la chaleur d’un foyer pour y partager le repas d’une famille.

Cette nuit là, nous sommes hébergés par un instituteur au sommet d’une colline dans un décor tout droit sorti d’un rêve.

L’arrivée dans les hauteurs de Livingstonia

Les derniers kilomètres sont toujours les plus durs. Nous n’échappons pas à l’adage bien connu des marcheurs. De larges allées ombragées par d’énormes pins marquent l’arrivée à la ville fondée par les missionnaires écossais en l’honneur de l’aventurier Livingstone. Leurs fantômes semblent habiter encore les façades figées du petit bourg aux briques rouges. Mais l’endroit est loin d’être mort. Une des meilleures universités du pays forment des centaines d’étudiants pour « construire le Malawi de demain », comme nous l’ont répété les étudiants eux-mêmes.

Nous profitons de l’air frais et admirons, matin et soir, la vue à plus de 1000m d’altitude. Ces 450km d’aventures resteront à jamais gravés dans notre cœur… et nos mollets !

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