Brève N°67 – Bienvenue au Swaziland

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Les frontières sont certainement parmi les lieux les plus énigmatiques au monde. On y vend toutes sortes de substances et on y croise les personnages les plus douteux. Habitués à l’exercice, nous déjouons tous les pièges à touristes et arrivons, exténués, aux postes de frontière. 

Le douanier swazi nous accueille très chaleureusement. « Bienvenue au Swaziland, pourquoi ne demandez-vous pas une autorisation de résidence ? », nous dit-il. Voilà le douanier le plus sympathique rencontré pendant notre voyage. Devant nous, un panneau rouillé enfoui dans d’épais buissons nous annonce l’entrée dans la dernière monarchie absolue d’Afrique.

Ici, le seul moyen de se déplacer est le taxi-brousse. Qu’importe si nous attendons près de trois heures pour qu’il se remplisse. C’est ici, et nulle part ailleurs, que nous pouvons converser avec les swazis. Nous apprenons nos premiers mots de siSwazi devant des visages hilares. Les femmes se moquent gentiment de Fanny lorsqu’elle leur avoue n’avoir aucun enfant. Les habitants sont vraiment étonnés de nous voir ici. Les seuls étrangers qu’ils aperçoivent traversent le pays en voiture climatisée pour se rendre dans les réserves sud-africaines où viennent travailler dans les nombreuses organisations humanitaires. « Nous sommes venus vous voir et découvrir votre pays. », répète-t-on à maintes reprises.

Fanny et Fred en stop

Il faut souvent plus de trois heures pour effectuer une vingtaine de kilomètres. Nous optons parfois pour l’autostop lorsque les minibus se font attendre. Dès que la nuit tombe, nous plantons notre tente aux abords des lodges luxueux. Ailleurs, nous serions en proie aux crocodiles et hippopotames qui rodent dans l’obscurité.

Derrière le sourire des habitants se cache une réalité dramatique. Le Swaziland est le pays au monde le plus touché par le VIH et le SIDA. Près d’un tiers de la population en souffre et l’espérance de vie ne dépasse pas les 50 ans. En tant que voyageurs, nous ne pouvons nous arrêter à cette réalité. Lorsqu’ils abordent le Swaziland, les journaux du monde entier en font état. A nous de parler des swazis et de leur pays sous d’autres angles et de rappeler que, derrière les statistiques accablants, il y a d’innombrables destins encore plein d’espoir.

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