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Brève N°52 – Dans la ville la plus haute du monde

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Encore sous le choc des fabuleux paysages du sud de la Bolivie, nous posons nos sacs à dos à Potosi. Cette ville qui culmine à 4 070m d’altitude est considérée comme la métropole la plus élevée au monde. Pour nous, elle est le théâtre de rencontres inoubliables.

Une rue de Potosi avec en toile de fond le Cerro Rico

Les rues de Potosi sont un spectacle permanent. Les étales des marchés débordent sur les trottoirs, des femmes à chapeau y déambulent tête baissée et les odeurs nous emmènent dans les profondeurs des Andes. Nous passons d’une rue à l’autre en se laissant porter par le hasard.

Un fast-food version Bolivie !

L’histoire de Potosi mêle splendeur et tragique. Partout dans la ville nous apercevons la montagne Cerro Rico. Au XVIe siècle, les colons espagnols l’ont exploitée sans relâche puisqu’elle renfermait la plus grande mine d’argent au monde. Aujourd’hui, quelques milliers de mineurs y travaillent encore dans des conditions désastreuses. Au fil du temps, la visite des mines est devenue une attraction touristique. Le « tourisme de la misère » continue de fasciner les voyageurs en quête de sensations. Peu enclins à cette pratique, nous préférons aller à la rencontre des habitants.

Je pousse la porte d’un coiffeur. Gilberto m’accueille, 80 ans dans un pays où l’espérance de vie ne dépasse pas 66 ans. Il se décrit comme révolutionnaire et sociologue. Je constate très vite qu’il dispose d’une grande culture générale. Il s’étend longuement sur l’actuel président Evo Morales, très largement boudé par les médias occidentaux. Notre discussion dure près de deux heures. Finalement, je repars avec la coupe de Jean Claude Van-Dame, cheveux plaqués en arrière. Cela doit être de ma faute, je n’ai pas été assez précis lorsque j’ai pointé du doigts l’un des posters collé au mur !

La coupe, au choix !

Merci pour la coupe de Jean-Claude Van Damme !

Après quelques recherches, je trouve enfin le club de boxe de la ville. Un dénommé Johnny Torrez, seul boxeur pro de la ville, m’accueille chaleureusement. Il est très touché par ma présence. Après l’échauffement, nous montons sur le ring pour nous affronter. A cette altitude, il est très difficile de ne pas s’essouffler. Je boxe sur la défensive pour économiser mon souffle. Johnny, en pleine forme, recherche le corps à corps avec de larges crochets sur les flancs. Après le troisième round, il décide de contacter des journalistes pour qu’ils viennent immédiatement couvrir « l’événement » ! Ils observent en prenant des photos pour un article qui sera publié dans un quotidien national. J’ai beaucoup souffert pendant ces sept rounds de boxe mais ils ont le mérite de m’avoir redonner la forme.

Après la séance de boxe

Après cette mémorable séance, Johnny nous invite tous deux à partager la « fête des morts » avec sa famille. En Bolivie, c’est une fête très importante qui se déroule sur plusieurs jours et qui donne lieu à des pratiques étonnantes. A l’heure où vous lirez ces lignes, nous y serons encore. A suivre sur le blog !