Brève N°21 – 100km à pied au fil du Mékong

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Sur les conseils d’une hollandaise de 60 ans qui l’a parcouru en vélo, nous décidons de nous lancer sur un chemin qui « n’apparaît pas sur les cartes ». Avec quelques indications griffonnées sur un papier, nous avancerons surtout à l’instinct. L’aventure commence !

Nous traversons l’île de Don Kong en auto-stop, à l’arrière des pickups. Le soir, nous rejoignons la rive occidentale du Mékong. Un routier nous aperçoit depuis un balcon et nous invite à passer la première nuit chez lui. Le lendemain, nous commençons la marche sur une bande de terre en bordure du fleuve. Tous les kilomètres un nouveau village apparaît. Les habitants sont hilares. Ils s’étonnent de nous voir marcher ici. A notre arrivée, des dizaines d’enfants nous accompagnent joyeusement. Leurs parents s’arrêtent de travailler pour nous saluer.

Les paysages en bordure du Mékong sont exceptionnels. Nous les admirons surtout au lever et au coucher du soleil. Nous marchons près de sept heures par jour avec une quinzaine de kilos sur le dos. Une femme insiste pour nous accueillir le temps d’une pause. Elle saisit le bras de Fanny et s’étonne de sa pilosité. Une famille nous invite à partager le repas avec elle. Ils ne parlent pas anglais. Tout passe alors par le regard. Nos tentatives pour communiquer finissent souvent en éclat de rire général. Nous vivons une quantité de petits moments de ce genre sur les terrasses en bois qui font face à chaque maison.

A trois reprises, nous sommes invités à passer la nuit chez l’habitant. Nous découvrons alors l’intérieur des maisons en bois sur pilotis. Trois générations y cohabitent. La vie est rythmée par le chant du coq, la préparation des repas, le travail agricole et les prières. Les familles nous présentent avec une grande fierté leur dernier enfant. Assis sur le sol, nous dégustons le dîner : poisson et riz gluant servis dans un seul plat.

Notre randonnée dans le Laos éternel aura duré cinq jours. Cette expérience est l’une des plus marquantes de notre voyage. La marche rend attentif aux détails et permet de créer un contact privilégié avec les laotiens.

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