9 questions nomades à Sarah

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Les neuf mêmes questions sont envoyées régulièrement à des voyageurs qui, à leur manière, racontent le Monde. Ils sont auteurs, blogueurs, photographes, journalistes… Ils ont en commun la passion du voyage et de la découverte. A travers ces quelques questions, vous découvrez une partie de leur « esprit nomade ». L’occasion, ensuite, de partir à la découverte de leur univers.


 

Les voyageurs répondent sans contrainte de longueur avec ces trois seules consignes :

– Répondez par une ou plusieurs phrases.
-Toutes les questions sont libres d’interprétation.
– Fournissez entre une et neuf photos/images pour illustrer vos réponses.

Bonne lecture. Bonne découverte.

Présentation de l’interviewé(e)

Elle s’appelle Sarah et sillonne l’Australie avec Greg (le philosophe) depuis près d’un an et demi. A travers son blog, elle raconte son expérience avec des mots et des dessins. Ils sont tirés du quotidien de voyageurs, ils sont drôles, touchants et toujours très inspirants !

Retrouvez les aventures de Sarah et Greg sur leur blog : >> Pour vous : L’Australie en Take Away

** PAR QUOI COMMENCE UN VOYAGE ? **

Par quoi commence un voyage ?

Par une obéissance.

Une obéissance à notre nature.

Je pense que l’Homme est intrinsèquement nomade, il s’est sédentarisé, certes, pour des raisons de sécurité alimentaire (On ne peut pas lui reprocher, c’est sûrement grâce à cela que l’on peut se poser toutes ces questions aujourd’hui … !) mais que son cœur est sur les routes.

L’Homme s’est relevé pour marcher sur la Terre. Aujourd’hui, il ne fait que piétiner dans une trompeuse liberté de quelques kilomètres carrés.

L’homme est fait pour marcher.

Il paraît que chez les tibétains “être humain ” se dit a-groba, ce qui signifie littéralement “celui qui part”…

Alors le voyage…cela commence par toutes les excuses possibles.

Un reportage

Une carte postale

Un ami exilé

Un coup de tête

Une légende

Une envie de fraises

La croyance d’un destin

Les promos sur internet …

….et tant mieux car toutes ces excuses sont bonnes car elles nous conduisent un peu plus vers les autres, vers nous-mêmes.

C’est souvent ce qu’on entend quand on écoute les voyageurs, je n’ai pas dit les touristes, sans dénigrer, mais les touristes ne se séparent pas assez des valeurs prônées par nos sociétés.

Mais si l’on revient, est-ce une négation ?

Le Voyage se concrétise sur les routes. C’est un voyage physique, le corps est la principale porte d’entrée, il entre, sans demander, par tous nos pores, par tous les sens et contraint petit à petit ou brutalement de se mettre à nu.

Et si nous devons revenir ? Faites que nous sachions garder ces enseignements et les faire perdurer activement au travers d’une évolution de ce voyage horizontal à la verticale. Pour nous élever assez haut pour savoir regarder au dessus du quotidien chronophage et continuer à voyager…autrement.

** SI TU POUVAIS AVOIR UN IMPACT SUR LE TEMPS, QUEL SERAIT-IL ? **

Ce qui est sûr c’est que le temps, lui, ne m’atteint pas, je reste belle et jeune ;-))

Blague à part.

Un impact sur le temps… : gagner du temps, le perdre…Tuer le Temps et enfin et hélas le temps c’est de l’argent… Je repense aux sciences fictions et à Marty et sa Doloreane (non, elle, elle existe.)

Il a bon dos le temps qui passe. « Je n’ai pas eu le temps », quand j’aurai le temps… Pensez vous que si le temps était extensible, nous vivrions différemment ?

On m’a demandé dans une nuit arrosée au whisky home-made à côté de Perth (Australie), si je pouvais prendre une pilule et être immortelle, la prendrai-je ?

Non. Assurément. Non.

On nous a donné une seule vie (rien à voir avec De Palmas ne cherchez pas). C’est pour cela qu’elle se doit d’être intense, réalisée.

Après en avoir plusieurs pour pouvoir apprendre toujours, créer encore plus… Mais c’est un autre débat.

«Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours »

J’ai lu Gandhi, j’ai tout compris…

Certains me diront « Tu as 26 ans, ma cocotte, c’est pour cela que tu tiens ce discours ». Je répondrais juste que j’espère sincèrement pouvoir le tenir tout au long de ma vie.

Essayer d’avoir un impact sur le temps est une gangrène et une vanité humaine. C’est encore et je l’espère pour longtemps une réalité qui échappe à l’Homme et c’est délicieux. On a toujours cherché à aller contre. Et si aujourd’hui, on allait avec ? Si on arrêtait de courir après lui. Si on prenait le temps ( !) de l’écouter glisser.

J’ai ressenti pour la première fois, cette incroyable sensation sur les chemins de Compostelle. Je ne suis pas croyante, mais nous voulions fouler ces chemins qui ont porté et portent tant de forces et d’espoir. C’est la première fois que je faisais une randonnée en autonomie. J’ai découvert la lenteur, le bonheur de la simplicité de ressentir le chemin que nous parcourions, les kilomètres que nous égrenions comme autant de chapelets que nous n’avions pas ! Et j’ai laissé mon corps s’ouvrir à mon environnement. Nous ne sommes définitivement pas les machines ultra-rapides que nous avons créées.  Je devenais hyper sensible, mes chaussures prenaient les ailes d’Hermès et toute simplicité me comblait comme le plus grand des trésors. Je ne savais pas pourquoi. Pour revenir chez moi, j’ai pris le bus, je me suis dit stupidement : « Qu’est ce qu’il va vite !»

Je m’étais laissée le temps de Vivre.

Après si vous me demandez, quel impact je souhaiterais avoir sur le Temps, l’Histoire quoi … et bien l’Homme a quand même fait pas mal de boulettes…

Alors choisir un seul impact, ça me parait compliqué. Car changer une partie de l’Histoire ne l’aurait elle pas seulement juste un peu ralentie ? Si je devais choisir la destruction d’Un seul tyran… Et les autres ?

Si je dois choisir un impact…il faudrait revenir aux sources… et aider la Nature à ne pas donner raison au plus fort et lui éviter de créer ce primate égocentrique assoiffé de pouvoir dont nous sommes l’heureux représentant. (bonjour le cadeau génétique !)

Nous sommes un mélange du Chimpanzé et du Bonobo. « Notre nature est la turbulente alliance des deux… » F. de Waal. Alors moi je dis Exit le Chimpanzé !

« Le Chimpanzé, avide de pouvoir et brutal, contraste avec le bonobo pacifique et érotique ».

Faites l’amour pas la guerre, la différence est dans le macaque !

** QUEL NOM EVOQUE DIRECTEMENT LE VOYAGE ? **

AAAAAH j’hésite… si c’est un rêve c’est l’Océan, si c’est un bâtisseur fou c’est le facteur Cheval , si c’est une invitation c’est Jules Verne

mais si c’est le VOYAGE…

c’est Alexandra David Néel.

Cette femme évoque à la fois, un voyage spirituel, initiatique et géographique…vertical et horizontal si je me cite 😉

C’est une personnalité indépendante, forte, curieuse et passionnée. Un bout de femme en acier. Une aventurière à contre temps, qui n’attend pas, qui saisit. Elle ignore les obstacles, quoi que non, même pas… pour les ignorer il faudrait les considérer. Ils font partis de la vie, ils sont formalités.

Elle connaît le grand monde, la famine, les haillons, l’austérité, le dénuement.

Elle est bouddhiste donc je parle d’elle au présent, la vie ne finit pas.

En 1968, à cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport.

What else ?

** QU’EST-CE-QUE TU ENMENERAS TOUJOURS EN VOYAGE ? **

Mais qu’est ce que j’aurai dans mes poches ?  Un carnet et mes gens.

Un carnet comme support d’écrits et de dessins.

Utiles parce que les impressions sensorielles s’envolent trop vite (les couleurs des étales, l’odeur d’une forêt, le son des kookaburras) et parce que mon cerveau a des neurones fugaces pour tout le reste.

Ecrire et dessiner pour raconter ensuite et faire voyager.

Mes gens (bien que ça fasse un peu féodal). Je ne pars jamais sans eux. Ils ne me quittent pas. Ils alourdissent parfois mes poches car je crois que sans eux je ne m’arrêterais jamais de voyager. Mais c’est eux qui m’ont fait légère car sans eux je ne serais jamais partie.

Ils sont le fil et le cerf volant.

Et dans ma tête ?

Je l’espère, … toujours un esprit vierge, curieux, prêt à absorber et interroger tout ce qui l’entoure.

** DE QUOI FAUT-IL SE DELESTER ? **

1 – De notre sécurité peureuse et illusoire.

« La peur fait le loup plus grand.»

dixit le petit chaperon rouge (chacun ses sources) sur un graffiti

Accepter l’imprévu et l’inconfort, les détacher de la sémantique du danger qu’on lui a collé pour créer des fantômes qui nous gardent chez nous. Si on ne fait rien, on ne risque rien. C’est faux et même dans le quotidien.

Alors oui, parce qu’on reste dans cette optique c’est dur de faire son sac. Car dans notre vie sédentaire tout nous semble plus ou moins indispensable pour des raisons plus ou moins discutables. Les 10 t-shirts, les 37 crayons de couleurs, les moules à gâteaux en silicone (rigolez pas on l’a déjà vu)…

 « Je pars pour x temps merde ! C’est ma vie entière que je dois emmener ! »

 Quand on part, on se demande où on va dormir ? Comment vais-je me laver ? Est ce que je vais toujours trouver facilement à me nourrir ?

Mais au final… n’est-il pas plus facile :

– de s’habituer à ce détachement matériel (car au final on prend cinq t-shirts et c’est finalement toujours trop)

– de s’habituer à cette incertitude sanitaire toute relative (on découvre rapidement les systèmes D ou Z en cas de besoin)

Que d’être en adéquation avec ses valeurs et de s’épanouir? 

2 – De notre carcan d’éducation bien pensante.

Quand je laissais exprimer mon esprit un peu dérangé ma grand mère me disait toujours : « Arrête, il y a du monde. » Elle était toujours à deux pas de la honte et ça accentuait ses rides d’expressions qui obéissaient à la gravité.

Ma mamie me disait tout le temps : « Phénomène » et elle riait.

J’aurai ses rides, à elle.

On aime tous les gens entiers, épanouis, on se sent bien avec eux, même si parfois on est un peu bousculé, mais la gène qu’on s’impose parce qu’on ose pas respirer trop fort de peur de froisser l’air, parce qu’on ose pas déranger la poussière sur les meubles… la gène autant que le rire est contagieuse et fait que l’on peut passer à côté de rencontres exceptionnelles si on n’apprend pas à s’ouvrir.

Après la question suivante pourrait être : Y arrives-tu ?

J’y travaille, j’y travaille… Chacun de ces deux éléments pèsent leurs poids  (raison de plus pour s’en débarrasser si on voyage en sac à dos !)

** SI TU RETENAIS UNE SEULE SAVEUR DE TES VOYAGES, QUELLE SERAIT-ELLE ? **

Mon dieu… si on commence à partir sur les sens on est pas arrivé ! Car c’est par eux que le transport se fait.  Des goûts en pagaille…

Les champignons supposés comestibles en Finlande (Ouf, ils l’étaient !)

Le homard des Etats Unis.

Les haricots au sirop d’érable au Canada.

Le cul d’une fourmi verte en Australie.

….

Mais vous n’en demandez qu’une alors ce ne peut être que ce qu’on laisse venir à soi et qui s’impose au fil du temps …

Si cette saveur était un vin, ses parfums seraient :

Âpres et surprenants ……. comme l’inconnu

Puissants et tenaces …comme une conviction

Explosifs …………………comme une force

Volatiles………………… comme un rêve

Indescriptibles comme l’est le sentiment de la Liberté… J’en salive encore.

** QUELLE RENCONTRE DE VOYAGE AIMERAIS-TU REVIVRE ? **

Je ne veux rien revivre.

On ne peut pas revivre la force des premières rencontres. L’image incroyable qu’elles nous ont laissées est en partie due au contexte, à la surprise, au hasard, au détour du chemin, à la mentalité que nous avions à cet instant.

C’est ce mélange impossible à recréer en éprouvette qui te décroche des sourires à faire pâlir la Lune

Et il y en a tellement d’autres à faire… on est combien sur la planète ? Je ne sais pas trop. Plus de deux en tout cas. Si on rajoute à ça les rencontres à plumes, à poils, à écailles… Ça promet encore de belles rencontres.

Après …quelle rencontre de voyage je voudrais revoir… Toutes en vérités.

Ces personnes avec qui il y a eu un **Tilt**, une connexion qu’on ne cherche pas à expliquer.

Les revoir, ces rencontres et continuer le petit bout de chemin qu’on a commencé ensemble.

L’Homme n’est pas fait pour vivre seul, ni pour se mélanger avec tous. Se recréer une tribu dont le territoire invisible embrasse toute la Terre.

Je repense à ces femmes aborigènes fortes et dignes dans l’arrachement que les blancs leurs ont fait subir, je repense à ces moments passés avec elles quand elles peignaient leurs seins avant d’aller danser pour montrer la puissance de leur culture à ces blancs coquilles de noix que nous sommes trop souvent. Je repense aux couleurs qui vibraient dans leurs tableaux. Je repense à notre « au revoir » qui teintait comme un adieu …

Belles femmes de Yuendumu, prenez soin de vous. Vous êtes à jamais avec moi.

** SI TU POUVAIS CLAQUER DES DOIGTS ET TE RETROUVER AILLEURS, OÙ SERAIS-TU ? **

Dans le Kansas, chez Dorothée … Heu pardon je refais un remake du magicien d’Oz là … à la différence près qu’elle tape des talons pour se télétransporter… mais je m’égare .

Claquer des doigts ne doit pas faire partie des envies de voyage. Le voyage c’est la destination et le chemin.

J’aimerais qu’on redécouvre l’attente, la patience des femmes de marins, le désir. L’angoisse succulente des veilles de noël quand on est gamin. La lenteur savourée sur les chemins de Compostelle.

Après si je devais claquer des doigts… Peut être, j’aurais voulu me retrouver à votre fête de départ (y avait-il du saucisson ?)

En voyage on aimerait claquer des doigts pour retrouver les gens qu’on aime pour les moments importants de leur vie …

La naissance d’un Florestan, d’une Alice, les premiers mètres sur un vélo d’un Célian… Les 35 ans d’une Celine, les mariages d’une Claire, d’un JereM’arie.. On aimerait aider pour les organisations d’évènements, déménagements d’un Blaise, d’un Kaliremy…, les noëls avec MomDy , on aimerait être à tout… simplement pour écouter vivre les gens qu’on aime… Faire rire quand le moral est bas, descendre des fûts de bières quand le moral est haut…

Oh m***… j’en verse une larmichette … J’m’en fou c’est pas du papier ça ne se verra pas …

Le blog ? C’est avant tout pour ça … On les emporte dans nos poches, dans les lieux magiques on espère les voir débarquer littéralement avec les accessoires essentiels d’une soirée réussie.

On part parce qu’on n’a pas d’attaches ? Pas de boulot, pas de maison … Mais ce n’est pas de celles là qu’il est lourd de se séparer.

Un conseil ? Emportez avec vous des photos d’eux et si possible le son de leurs voix.

** QU’EST-CE-QUI POURRAIT METTRE FIN AU VOYAGE ? **

Je vous dirais bien **Jocker**  parce que je n’ai pas envie d’y penser.

Le Voyage et sa belle majuscule ne disparaitra pas.

Mais le mien celui qui ne possède qu’un v timide… est plus fragile.

Parfois, les voyageurs se lèvent et se disent : J’en ai marre, je veux une douche chaude, un canapé, des enfants, un labrador, une position stable. Horloge biologique ? Horloge sociétale ?

Mais on peut les comprendre aussi car il ne faut pas croire que le voyage est facile. Il met à nu, parfois à mal, déstabilise pour le pire ou le meilleur. Comme doit l’être une vie.

Parler avec les gens restés au pays qui pensent parfois que le Voyage c’est des vacances alors on entend :

– « ça serait pas mal que tu commences à entrer dans la vie active ».

(Encore un adjectif mal choisi mais ce n’est pas le débat.)

– « L’argent est le nerf de la guerre. »

Entendre que, parfois, l’extérieur prend cela comme une parenthèse agréable dans la vie, une pause sur un chemin et non simplement comme un moment de la vie à part ENTIERE.

Comment lutter contre ces croyances…comment accepter qu’on commence à penser autrement… comment assumer qu’on veut une vie différente.

Est ce qu’on se sent devenir marginal ?

Le voyage s’arrêtera si on me convainc de ma naïveté, quand je deviendrai amnésique de tout ce qui m’anime.

Mais lui et moi, on a encore de beaux jours devant nous. 🙂

Take care.

Pour voir et revoir les dessins, c’est par là : SAC à d’OZ

Pour savoir comment ils sont créés : c’est ici.

  1. merci Fanny et Fred de nous faire partager le récit de Sarah; c’est magique!on rit,on pleure et on comprend …et donc merci Sarah et continuez vos Voyages extraordinaires!

  2. je reconnais bien là notre chère Sarah! l’idée des 9 questions à un nomade est un bon concept…peut-être serons-nous “interviewé” lors de notre prochaine destination New Zealand…..

  3. C’est une très belle analyse de la vie et joliment illustrés, en terme de dessins et d’histoires passées et présentes.
    Bravo.
    J’avoue qu’un petit claquement des doigts ne me dérangerait pas pour partir, ne serait-ce qu’une semaine… Mais j’attendrais patiemment cet fin de mois pour un passage à Madrid.

    L’homme est bien fait pour être nomade, mais celui d’aujourd’hui a changé. On ne peut pas négliger l’évolution de l’homme vers le sédentarisme. Par contre, le corp humain est bien fait pour se bouger, et c’est bien l’effet pervers de cette sédentarité ;).

    Question : Pourquoi les nanas mettent du vernis ? Je ne trouve pas ça si terrible :p (à part le transparent)

  4. Ahahaha Hello Haydée ! Merci pour ton commentaire ! Et pour ta question existentielle, pour ma part je dirais juste pour porter des couleurs ! “et je peins mes ongles couleur océan et je me plonge dedans ! ;-)” Bon voyage à Madrid !

  5. Merci Sarah pour ces réponses franches et argumentées.
    Je te rejoins sur plusieurs points mais surtout quand tu dis que le voyage au long cours ne s’apparente pas à des vacances. Cela supposerait une certaine désinvolture du voyageur. Se remettre en question, faire un effort d’adaptation et de compréhension ce n’est pas facile tous le jours !
    Le voyage ce n’est pas « fuir les réalités » mais au contraire partir à leur poursuite et chercher à s’en imprégner.

    Ensuite j’ai envie de t’envoyer du Bruce Chatwin 3 fois de suite !
    – D’abord car il a passé sa vie à essayer de prouver que l’homme était fait pour le déplacement et que son Histoire n’est que nomadisme.
    – Deuxièmement pour cette citation :
    « Je n’ai pas de religion particulière ce matin. Mon dieu est le dieu des marcheurs. Si vous marchez assez longtemps vous n’avez probablement besoin d’aucun autre dieu.»
    (Extrait de « En Patagonie »)
    – Et enfin, pour son livre « Le chant des pistes ». Il raconte son voyage d’étude des « son glines » en Australie, ces itinéraires chantés qui sont à la base de la Création du Monde selon les aborigènes.
    Tu connais peut-être déjà ce livre et Chatwin mais si ce n’est pas le cas tu sais ce qu’il te reste à faire !

    A bientôt !
    PS : tu n’as rien loupé il n’y avait pas de sauss à notre soirée de départ 😉

    1. Hi mister Astair,

      J’imagine que votre escale en Inde à du être incroyable pour “la remise en question” dont tu parles… C’est étonnant mais je te rejoins quand tu parles des réalités que le voyage ne nous fait pas fuir ” au contraire partir à leur poursuite et chercher à s’en imprégner”… En voyage, on s’interroge à chaque pas et je finis par me demander si ce n’est pas la routine, le quotidien dont on nous parle tant qui nous font « fuir les réalités » car finalement on finit par s’endormir sur nos vies. Mais je ne te ferai pas de roman existentiel pour cette fois 😉

      Pour Bruce Chatwin… figure toi que j’en parle dans un des derniers articles de l’Aboweek, une semaine dédiée à l’histoire aborigène. Cependant je n’ai pu lire que des extraits du chant des pistes. Et vu que tu refuses de me dévoiler l’endroit secret de ta bibliothèque (tu parles d’un pote 😉 )… et bien j’ai “compris ce qu’il (me) reste à faire”, et ils attendent désormais sagement mon retour dans la maison maternelle (Internet, je t’M). Cela me permettra d’atterrir en douceur sur le sol français. Merci.

      Et pour ton extrait de « En Patagonie », il résonne comme un écho à une phrase d’un prochain article : “Ca va nous faire du bien. La marche, ça fait toujours du bien. On devient céphalopodes, on marche sur notre cerveau jusqu’à le faire taire. ”

      Hate de lire Mister Bruce.

      Bon et dés qu’on se revoit faut rattraper cette absence de sauss… Ca fait un peu tâche là. 😉

      Take Care mes Birds

    1. Hello Tunimaal, Alors…comment te dire…Ce n’est pas énorme comme bestiole alors à la première fourmie, tu as juste un goût sucré, à la deuxième tes souvenirs d’enfance te reviennent et tu te dis :” Mais évidemment ! C’est un dragibus !”. Merci Haribo, mais les aborigènes connaissaient déjà la recette ! 😉

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